{"id":1310,"date":"2005-01-29T12:54:23","date_gmt":"2005-01-29T17:54:23","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-06-26T23:00:41","modified_gmt":"2006-06-26T21:00:41","slug":"droits-de-propriete-etat-de-droit-et-violence-etatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pageliberale.org\/?p=1310","title":{"rendered":"Droits de propri\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9, Etat de Droit et Violence \u00c3\u00a9tatique"},"content":{"rendered":"<p><b>Droits de propri\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9, Etat de Droit et Violence Etatique : Un exemple significatif<\/b><br \/>\nde <a href=\"http:\/\/www.quebecoislibre.org\/apgranier.htm\">Roland GRANIER<\/a>, Professeur Em\u00c3\u00a9rite des Universit\u00c3\u00a9s<sup><a href=\"#1\">1<\/a><\/sup>.<a name=\"1a\"><\/a><\/p>\n<p><i>Cette histoire me para\u00c3\u00aet instructive quant aux risques que chacun encourt, quotidiennement et sans s&rsquo;en douter, dans notre \u00c3\u00a9ternelle \u00c2\u00ab France des Droits de l&rsquo;Homme \u00c2\u00bb<\/i> Voici l&rsquo;aventure que vit actuellement en France mon ami A.R&#8230;, coll\u00c3\u00a8gue universitaire install\u00c3\u00a9 avec son \u00c3\u00a9pouse dans le midi de la France. Cette histoire me para\u00c3\u00aet instructive quant aux risques que chacun encourt, quotidiennement et sans s&rsquo;en douter, dans notre \u00c3\u00a9ternelle \u00c2\u00ab France des Droits de l&rsquo;Homme \u00c2\u00bb. Elle me semble int\u00c3\u00a9ressante comme exemple de violence \u00c3\u00a0 l&rsquo;\u00c3\u00a9gard de ses propres citoyens, pratiqu\u00c3\u00a9e par un Etat qui se pr\u00c3\u00a9tend \u00c2\u00ab de droit \u00c2\u00bb sans apparemment faire preuve d&rsquo;une vision objective et impartiale de ce que devraient \u00c3\u00aatre, dans cette perspective, les droits et devoirs de chacun. Car \u00c3\u00a0 force de vouloir faire, \u00c3\u00a0 tout prix et par n&rsquo;importe quel moyen <sup><a href=\"#2\">2<\/a><\/sup><a name=\"2a\"><\/a> , de la politique soi-disant \u00c2\u00ab sociale \u00c2\u00bb on aboutit vite, au nom de la protection des \u00c2\u00ab droits de l&rsquo;homme \u00c2\u00bb des uns, \u00c3\u00a0 bafouer ces m\u00c3\u00aames \u00c2\u00ab droits de l&rsquo;homme \u00c2\u00bb pour d&rsquo;autres\u00c2\u2026 Jeu en quelque sorte \u00c3\u00a0 <i>somme nulle<\/i>\u00c2\u2026 voire \u00c3\u00a0 <i>somme n\u00c3\u00a9gative<\/i> et donc, dans cette hypoth\u00c3\u00a8se, r\u00c3\u00a9ducteur du bien-\u00c3\u00aatre collectif. L&rsquo;exemple que je dois pr\u00c3\u00a9liminairement exposer illustre \u00c3\u00a0 la perfection de tels comportements et pareilles cons\u00c3\u00a9quences. <\/p>\n<p>AR et son \u00c3\u00a9pouse ont achet\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 Paris, vers 1960, un petit appartement de 32 m2, gr\u00c3\u00a2ce \u00c3\u00a0 un faible apport personnel et \u00c3\u00a0 un gros cr\u00c3\u00a9dit qu&rsquo;ils ont consciencieusement et ponctuellement rembours\u00c3\u00a9 pendant 15 longues ann\u00c3\u00a9es. Alors jeunes, peu argent\u00c3\u00a9s et en \u00c2\u00ab d\u00c3\u00a9but de carri\u00c3\u00a8re \u00c2\u00bb, leur objectif \u00c3\u00a9tait de proc\u00c3\u00a9der \u00c3\u00a0 un placement parfaitement courant et ordinaire, pouvant leur rapporter occa-sionnellement un revenu de location et, surtout, devant constituer un capital spontan\u00c3\u00a9ment revaloris\u00c3\u00a9 par les m\u00c3\u00a9canismes du march\u00c3\u00a9 quand viendrait temps de la retraite. <i>Banale \u00c3\u00a9pargne de pr\u00c3\u00a9caution, en somme<\/i>.<\/p>\n<p>En 1999 ils d\u00c3\u00a9cid\u00c3\u00a8rent de louer leur bien <b><u>meubl\u00c3\u00a9<\/u><\/b> et s&rsquo;adress\u00c3\u00a8rent \u00c3\u00a0 cette fin \u00c3\u00a0 une agence immobili\u00c3\u00a8re qui proc\u00c3\u00a9da \u00c3\u00a0 la location, avec leur accord, \u00c3\u00a0 une r\u00c3\u00a9fugi\u00c3\u00a9e politique de CentrAfrique, apparemment c\u00c3\u00a9libataire &#8211; aide m\u00c3\u00a9nag\u00c3\u00a8re de profession. Celle-ci, il faut le dire, \u00c3\u00a9tait recommand\u00c3\u00a9e par un Fran\u00c3\u00a7ais exer\u00c3\u00a7ant d&rsquo;une part une profession lib\u00c3\u00a9rale lucrative et qui, d&rsquo;autre part, pr\u00c3\u00a9sidait une association d&rsquo;aide aux r\u00c3\u00a9fugi\u00c3\u00a9s. Ce Monsieur se porta <i>personnellement caution<\/i> du paiement des loyers. L&rsquo;affaire fut donc conclue. Et tout se passa \u00c3\u00a0 peu pr\u00c3\u00a8s bien pendant deux ans.<\/p>\n<p>En 2001, Arnold et sa femme d\u00c3\u00a9cid\u00c3\u00a8rent de r\u00c3\u00a9cup\u00c3\u00a9rer la jouissance du bien lou\u00c3\u00a9 en vue de le vendre. Leur but \u00c3\u00a9tait en effet de contribuer \u00c3\u00a0 la r\u00c3\u00a9alisation du projet de leur fille qui, apr\u00c3\u00a8s de longues et co\u00c3\u00bbteuses \u00c3\u00a9tudes sup\u00c3\u00a9rieures, envisageait de s&rsquo;installer en tant que professionnelle lib\u00c3\u00a9rale. Ils donn\u00c3\u00a8rent donc l\u00c3\u00a9galement cong\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 la locataire (le bail \u00c3\u00a9tant proche de son terme), dans les formes requises par la loi, pour le 30 avril 2001. Laquelle, \u00c3\u00a0 la date indiqu\u00c3\u00a9e, d&rsquo;une part refusa d&rsquo;obtemp\u00c3\u00a9rer et, en outre, cessa alors de payer tout loyer. <i>Ainsi s&rsquo;amor\u00c3\u00a7ait une p\u00c3\u00a9riode d&rsquo;occupation parfaitement ill\u00c3\u00a9gale du logement<\/i>. Contact\u00c3\u00a9, l&rsquo;\u00c3\u00a9minent auteur de la caution se d\u00c3\u00a9clara parfaitement incomp\u00c3\u00a9tent et d\u00c3\u00a9sormais \u00c2\u00ab hors du jeu \u00c2\u00bb, puisque la p\u00c3\u00a9riode couverte par le bail se trouvait termin\u00c3\u00a9e. Il ne lui est manifestement jamais venu \u00c3\u00a0 l&rsquo;esprit que la caution consentie avait pu encourager l&rsquo;acte de location. D\u00c3\u00a9ficience intellectuelle, sans doute\u00c2\u2026<\/p>\n<p>Apr\u00c3\u00a8s moult tentatives de n\u00c3\u00a9gociation et d&rsquo;arrangement \u00c2\u00ab \u00c3\u00a0 l&rsquo;amiable \u00c2\u00bb les R&#8230; d\u00c3\u00a9cid\u00c3\u00a8rent, en cons\u00c3\u00a9quence, de porter en 2002 l&rsquo;affaire en justice et prirent, \u00c3\u00a0 Paris, un avocat. Ils d\u00c3\u00a9couvrirent alors que leur locataire leur avait, \u00c3\u00a0 l&rsquo;origine, cach\u00c3\u00a9 avoir deux enfants en bas \u00c3\u00a2ge ; puis qu&rsquo;elle accueillit rapidement chez elle un homme (ch\u00c3\u00b4meur) ayant lui m\u00c3\u00aame une fillette \u00c3\u00a0 sa charge et qu&rsquo;elle l&rsquo;\u00c3\u00a9pousa en 2003. Ils apprirent aussi qu&rsquo;elle avait eu trois autres enfants entre 1999 et 2002. Si vous savez compter vous en d\u00c3\u00a9duirez que les 32 m<sup>2<\/sup> en question, lou\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 une personne \u00c3\u00a0 l&rsquo;origine, sont ainsi d\u00c3\u00a9sormais occup\u00c3\u00a9s par 8 personnes (deux adultes et six enfants). Et ils d\u00c3\u00a9couvrirent enfin qu&rsquo;un appartement, sis en banlieue, avait \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 propos\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 la locataire en 2002\u00c2\u2026 que celle-ci s&rsquo;\u00c3\u00a9tait permis de le refuser, le trouvant trop \u00c3\u00a9loign\u00c3\u00a9 du Centre de Paris\u00c2\u2026 et que les responsables des services sociaux concern\u00c3\u00a9s ne semblaient pas avoir trouv\u00c3\u00a9 la chose anormale. Et tant pis pour mes amis R\u00c2\u2026<\/p>\n<p><i>Et c&rsquo;est \u00c3\u00a0 ce stade que notre \u00c2\u00ab Etat de droit \u00c2\u00bb r\u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9la soudain \u00c3\u00a0 nos amis des m\u00c2\u0153urs administratives et politiques pour le moins stup\u00c3\u00a9fiantes. <\/i><\/p>\n<p>Un premier jugement, pris en octobre 2002, ordonna le d\u00c3\u00a9part de la locataire. Conform\u00c3\u00a9ment \u00c3\u00a0 la Loi, commandement de quitter les lieux dans les trois mois lui fut signifi\u00c3\u00a9 par un huissier de justice en avril 2003. Mais, en mai 2003, la locataire demandait un d\u00c3\u00a9lai au \u00c2\u00ab Juge de l&rsquo;ex\u00c3\u00a9cution des peines &#038;raquo. Un nouveau jugement (non frapp\u00c3\u00a9 d&rsquo;appel) dut en cons\u00c3\u00a9quence \u00c3\u00aatre pris et fut rendu en septembre 2003 par le Tribunal de Grande Instance de Paris. <i>La demande de la locataire se trouvait d\u00c3\u00a9finitivement rejet\u00c3\u00a9e et la d\u00c3\u00a9cision d&rsquo;expulsion confirm\u00c3\u00a9e<\/i>. Mais celle-ci n&rsquo;ayant pu avoir lieu, pour des raisons (officielles) de \u00c2\u00ab lenteur administrative \u00c2\u00bb, avant le 31 octobre 2003, la \u00c2\u00ab tr\u00c3\u00aave hivernale \u00c2\u00bb est naturellement intervenue. Cette tr\u00c3\u00aave s&rsquo;acheva le 31 mars 2004. Mais l&rsquo;expulsion ne fut toujours pas ex\u00c3\u00a9cut\u00c3\u00a9e, cette fois <i>pour d\u00c3\u00a9faut de concours des forces de police<\/i>. Et, depuis avril 2003, l&rsquo;huissier demande chaque mois \u00c3\u00a0 la Pr\u00c3\u00a9fecture de Police de Paris son concours. En vain, chaque fois. On ne lui r\u00c3\u00a9pond d&rsquo;ailleurs jamais. <i>Et les R&#8230; en sont actuellement (janvier 2005) \u00c3\u00a0 43 mois d&rsquo;occupation ill\u00c3\u00a9gale de leur bien immobilier, \u00c3\u00a0 quelque 5.000 \u00c2\u20ac de loyers impay\u00c3\u00a9s (10 mois de loyer d\u00c3\u00a9finitivement perdus, le reste ayant \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 plus ou moins \u00ab\u00a0compens\u00c3\u00a9\u00a0\u00bb par la CAF) et \u00c3\u00a0 environ 8.000 \u00c2\u20ac de frais judiciaires<\/i>.<br \/>\nPar ailleurs les \u00c2\u00ab services sociaux \u00c2\u00bb de la Ville de Paris, visiblement impuissants \u00c3\u00a0 r\u00c3\u00a9soudre le \u00c2\u00ab probl\u00c3\u00a8me \u00c2\u00bb, ne leur ont pas cach\u00c3\u00a9 (t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9phoniquement) deux choses :<\/p>\n<ul>\n<li>D&rsquo;une part que nul ne prendrait jamais la responsabilit\u00c3\u00a9 de mettre \u00c3\u00a0 la rue une famille de huit personnes, dont six enfants en bas \u00c3\u00a2ge et <i>qu&rsquo;en cons\u00c3\u00a9quence il serait totalement vain d&rsquo;esp\u00c3\u00a9rer un quelconque concours de la police<\/i>. Ce qui signifie sans doute que la Pr\u00c3\u00a9fecture de Police et ses forces sont davantage au service des \u00c2\u00ab institutions sociales \u00c2\u00bb que de la Justice.<\/li>\n<li>D&rsquo;autre part que les normes en vigueur imposent qu&rsquo;on ne puisse reloger dans un \u00c2\u00ab logement social \u00c2\u00bb les membres d&rsquo;une telle famille que si ce dernier est de 100 m2 au moins, surface dont ne disposent actuellement pas les dits services sociaux.<\/li>\n<\/ul>\n<p> Que l&rsquo;on m&rsquo;excuse pour ce long expos\u00c3\u00a9 pr\u00c3\u00a9liminaire, mais n\u00c3\u00a9cessaire. Il ne s&rsquo;agit pas de l&rsquo;un de ces exercices, compliqu\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 souhait, destin\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 tester l&rsquo;agilit\u00c3\u00a9 intellectuelle des \u00c3\u00a9tudiants en droit. <i>Mais non : il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une effarante r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 que je vis depuis plusieurs mois, par sympathie et solidarit\u00c3\u00a9, aupr\u00c3\u00a8s de mes amis R&#8230;<\/i><\/p>\n<p>J&rsquo;en viens donc \u00c3\u00a0 mes observations personnelles (de fait pleinement partag\u00c3\u00a9es par mes amis).<\/p>\n<ol type=\"1\">\n<li>Il semble bien se produire actuellement en France (et pas seulement en r\u00c3\u00a9gion parisienne) des milliers d&rsquo;injustices comparables \u00c3\u00a0 celle que je viens d&rsquo;exposer. Nul, parmi les responsables administratifs et politiques, ne semble s&rsquo;en \u00c3\u00a9mouvoir outre mesure, ni m\u00c3\u00aame avoir simplement conscience que l&rsquo;Etat de Droit s&rsquo;en trouve purement et simplement bafou\u00c3\u00a9. Il arrive aussi que l&rsquo;on se gausse, dans les m\u00c3\u00a9dia et dans diverses sph\u00c3\u00a8res de la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9, de la lenteur de la Justice\u00c2\u2026 mais il faut savoir <i>qu&rsquo;une grande lenteur (tout \u00c3\u00a0 fait d\u00c3\u00a9lib\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9e cette fois) caract\u00c3\u00a9rise aussi l&rsquo;ex\u00c3\u00a9cution de nombre de d\u00c3\u00a9cisions de justice<\/i>, m\u00c3\u00aame prises dans des d\u00c3\u00a9lais convenables, et ce sur ordre du pouvoir administrativo-politique et\/ou de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de ses multiples appendices&#8230;<\/li>\n<li>L&rsquo;attachement aux \u00c2\u00ab normes \u00c2\u00bb administratives, dans un pays o\u00c3\u00b9 le fonctionnariat (central et local) domine et r\u00c3\u00a9git l&rsquo;essentiel de la vie quotidienne de chacun, atteint dans un cas de ce genre les limites les plus extr\u00c3\u00aames du grotesque. Selon les \u00c2\u00ab normes \u00c2\u00bb il faut disposer de 100 m2 au moins pour loger huit personnes\u00c2\u2026 Soit. Mais nul, curieusement, ne semble s&rsquo;aviser qu&rsquo;un logement de 70 ou 80 m2 (au lieu de 32, actuellement ill\u00c3\u00a9galement occup\u00c3\u00a9s) repr\u00c3\u00a9senterait sans doute pour ces gens un progr\u00c3\u00a8s d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 appr\u00c3\u00a9ciable en termes d&rsquo;hygi\u00c3\u00a8ne am\u00c3\u00a9lior\u00c3\u00a9e et de moindre promiscuit\u00c3\u00a9. N&rsquo;existe-t-il donc pas, dans le d\u00c3\u00a9dale de l&rsquo;Administration, quelque(s) petit(s), moyen(s) ou haut(s) fonctionnaire(s) public(s) capable(s) de formuler un aussi \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9mentaire raisonnement ? Je n&rsquo;ose le croire\u00c2\u2026<\/li>\n<li>Je n&rsquo;ai aucune raison de contester le bien-fond\u00c3\u00a9 et la n\u00c3\u00a9cessit\u00c3\u00a9 d&rsquo;une solidarit\u00c3\u00a9 sociale minimale face \u00c3\u00a0 des situations dignes d&rsquo;int\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aat. D&rsquo;ailleurs R&#8230; est, sur ce point, de mon avis. Je ne nie pas davantage que le cas d\u00c3\u00a9crit plus haut se classe naturellement parmi ces situations. Et R&#8230; non plus. Bref en tant que contribuables ayant de ce statut une vieille et solide exp\u00c3\u00a9rience\u00c2\u2026 nous sommes tous deux pr\u00c3\u00aats \u00c3\u00a0 \u00c2\u00bb contribuer \u00c2\u00ab, une fois de plus ! Oui mais \u00c3\u00a0 contribuer \u00c3\u00a0 la mise en place d&rsquo;une politique collective et rationnelle du logement social, d&rsquo;une part s\u00c3\u00a9lectionnant s\u00c3\u00a9rieusement les \u00c2\u00ab ayant droit \u00c2\u00bb et, d&rsquo;autre part, r\u00c3\u00a9partissant \u00c3\u00a9quitablement entre les citoyens et proportionnellement \u00c3\u00a0 leurs capacit\u00c3\u00a9s la charge qui en d\u00c3\u00a9coule. <i>Pour le dire autrement, qui peut m&rsquo;expliquer pourquoi Monsieur R&#8230; serait seul \u00c3\u00a0 supporter int\u00c3\u00a9gralement le co\u00c3\u00bbt du logement de la dite famille, se voyant de ce fait emp\u00c3\u00aach\u00c3\u00a9 de n\u00c3\u00a9gocier librement son bien immobilier<sup><a href=\"#3\">3<\/a><\/sup><a name=\"3a\"><\/a>  et en outre priv\u00c3\u00a9 de la satisfaction (bien humaine et bien compr\u00c3\u00a9hensible) d&rsquo;aider sa fille \u00c3\u00a0 professionnellement s&rsquo;installer ?<\/i> Nous sommes ici en pr\u00c3\u00a9sence d&rsquo;un v\u00c3\u00a9ritable mod\u00c3\u00a8le d&rsquo;arbitraire politique et administratif et j&rsquo;attends que quelqu&rsquo;un fournisse une r\u00c3\u00a9ponse claire et convaincante \u00c3\u00a0 ma question.<\/li>\n<li>Il est parfois reproch\u00c3\u00a9 aux lib\u00c3\u00a9raux (peu importe dans le cas d&rsquo;esp\u00c3\u00a8ce les nuances pouvant les s\u00c3\u00a9parer) de taxer d&rsquo;<b>actes de violence<\/b> les effets de l&rsquo;interventionnisme \u00c3\u00a9tatique. Mais ne sommes-nous pas l\u00c3\u00a0 en pr\u00c3\u00a9sence d&rsquo;un cas d&rsquo;esp\u00c3\u00a8ce, r\u00c3\u00a9el et parfait, de <b>violence<\/b> de la part des pouvoirs publics ? Au nom de pr\u00c3\u00a9tendus devoirs sociaux, qui pourraient \u00c3\u00aatre diff\u00c3\u00a9remment r\u00c3\u00a9solus ainsi que je le disais pr\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a9demment, on interdit \u00c3\u00a0 M. et Mme R&#8230; de disposer librement d&rsquo;un bien qu&rsquo;ils ont patiemment et longuement pay\u00c3\u00a9 au moyen de leur saine, honn\u00c3\u00aate et fort l\u00c3\u00a9gale petite \u00c3\u00a9pargne. Attitude invraisemblable, impun\u00c3\u00a9ment violente, mais h\u00c3\u00a9las bien av\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9e, d&rsquo;un Etat qui se vante par ailleurs d&rsquo;h\u00c3\u00a9riter des Droits de l&rsquo;Homme et d&rsquo;en \u00c3\u00aatre m\u00c3\u00aame l&rsquo;Universel exemple, qui se targue de repr\u00c3\u00a9senter le parfait prototype de l&rsquo;Etat de Droit tout en s&rsquo;opposant, dans nombre de cas du m\u00c3\u00aame type, \u00c3\u00a0 l&rsquo;application des d\u00c3\u00a9cisions de sa propre justice, et qui prive \u00c3\u00a0 l&rsquo;occasion et de mani\u00c3\u00a8re insolemment arbitraire ses citoyens du plein exercice de leurs droits les plus \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9mentaires.<\/li>\n<li>\tCar, en effet, c&rsquo;est bien en pr\u00c3\u00a9sence d&rsquo;une <i>atteinte caract\u00c3\u00a9ris\u00c3\u00a9e aux droits de propri\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9<\/i> que nous nous trouvons ici. Qui m&rsquo;expliquera comment l&rsquo;on peut se dire favorable \u00c3\u00a0 l&rsquo;<i>Economie de March\u00c3\u00a9<\/i> et mettre ainsi \u00c3\u00a0 mal l&rsquo;un de ses fondements les plus intangibles : la libre disposition des biens accumul\u00c3\u00a9s honn\u00c3\u00aatement, en toute transparence, et contractuellement acquis ? De tout temps les vrais lib\u00c3\u00a9raux ont bien vu et d\u00c3\u00bbment soulign\u00c3\u00a9 que le seul ordre d&rsquo;action humaine concert\u00c3\u00a9e qui soit praticable dans une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 qui se veut progressive et dynamique est la <b>propri\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 priv\u00c3\u00a9e des moyens de production<\/b>. Et <i>\u00c3\u00a0 contrario<\/i> ils ont tr\u00c3\u00a8s t\u00c3\u00b4t \u00c3\u00a9tabli que le socialisme (y compris sous sa forme social-d\u00c3\u00a9mocrate), en tant que syst\u00c3\u00a8me embrassant ou voulant \u00c2\u00ab contr\u00c3\u00b4ler \u00c2\u00bb tous les moyens de production, est irr\u00c3\u00a9alisable et que son \u00c3\u00a9ventuelle application \u00c3\u00a0 une partie des moyens de production<sup><a href=\"#4\">4<\/a><\/sup><a name=\"4a\"><\/a> ne peut avoir <i>pour r\u00c3\u00a9sultat que d&rsquo;abaisser la productivit\u00c3\u00a9 du travail, de sorte qu&rsquo;il ne peut accro\u00c3\u00aetre la richesse d&rsquo;un pays mais au contraire doit l&rsquo;amoindrir par d\u00c3\u00a9couragement, notamment, des initiatives priv\u00c3\u00a9es<\/i>. C&rsquo;est bien le r\u00c3\u00a9sultat auquel conduisent les milliers d&rsquo;atteintes, aujourd&rsquo;hui observables et observ\u00c3\u00a9es, \u00c3\u00a0 la propri\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 priv\u00c3\u00a9e immobili\u00c3\u00a8re par exemple (pour ce qui nous retient ici). Personnellement, apr\u00c3\u00a8s l&rsquo;\u00c3\u00a9chec pourtant indiscutable et patent de multiples exp\u00c3\u00a9riences socialo-communistes, je cherche en vain \u00c3\u00a0 comprendre la nouvelle logique \u00c3\u00a9conomique qu&rsquo;essaie de nous imposer notre actuelle social-d\u00c3\u00a9mocratie!<sup><a href=\"#5\">5<\/a><\/sup><a name=\"5a\"><\/a> <\/li>\n<li>Enfin, que l&rsquo;on cesse officiellement, ne serait-ce que par pudeur, de se plaindre de la raret\u00c3\u00a9 relative, \u00c3\u00a0 tout le moins parmi les petits et moyens \u00c3\u00a9pargnants, des candidats aux investissement immobiliers. Le cas R&#8230; apporte en soi une r\u00c3\u00a9ponse. Et il ne constitue qu&rsquo;un exemple, parmi des milliers d&rsquo;autres, des restrictions subies par le libre exercice des droits immobiliers de propri\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9. Qui, dans ces conditions, pourrait envisager sereinement, sauf na\u00c3\u00afvet\u00c3\u00a9 et\/ou totale d\u00c3\u00a9sinformation, d&rsquo;investir dans un bien immobilier destin\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 la location ? On le sait, parmi les petits et moyens \u00c3\u00a9pargnants les candidats sont effectivement de plus en plus rares. L&rsquo;exemple que j&rsquo;analyse et mon intervention ne seront sans doute pas de nature \u00c3\u00a0 les aiguiller sur une autre voie ! <\/li>\n<\/ol>\n<p> <a name=\"1\">1<\/a>. Universit\u00c3\u00a9 Paul C\u00c3\u00a9zanne, Aix-Marseille. <a href=\"#1a\">retour >><\/a><br \/>\n<a name=\"2\">2<\/a>. Car le plus souvent la chose se fait en l\u00c2\u2019absence d\u00c2\u2019une vision d\u00c2\u2019ensemble, m\u00c3\u00bbrie et coh\u00c3\u00a9rente, des cons\u00c3\u00a9quences, souvent insidieuses, des actions entreprises dans l\u00c2\u2019urgence, le d\u00c3\u00a9sordre ou la pr\u00c3\u00a9cipitation. <a href=\"#2a\">retour >><\/a><br \/>\n<a name=\"3\">3<\/a>. Sauf \u00c3\u00a0 accepter d\u00c2\u2019en voir la valeur divis\u00c3\u00a9e par deux au moins ! <a href=\"#3a\">retour >><\/a><br \/>\n<a name=\"4\">4<\/a>. Faut-il rappeler \u00c3\u00a0 tous ceux qui nous gouvernent, qu\u00c2\u2019ils soient de gauche ou de droite dans ce pays vou\u00c3\u00a9 aux alternances politiques, que l\u00c2\u2019achat d\u00c2\u2019un bien immobilier destin\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 la location n\u00c2\u2019est rien d\u00c2\u2019autre qu\u00c2\u2019un investissement destin\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 produire des services de logement ?  <a href=\"#4a\">retour >><\/a><br \/>\n<a name=\"5\">5<\/a>. Pas plus d\u00c2\u2019ailleurs que je ne comprends le retour \u00c3\u00a0 un interventionnisme d\u00c2\u2019inspiration clairement keyn\u00c3\u00a9sienne qu\u00c2\u2019elle semble nous pr\u00c3\u00a9parer dans le domaine de la redistribution des revenus, de la soi-disant relance par la consommation ou encore, tout r\u00c3\u00a9cemment, en mati\u00c3\u00a8re de politique industrielle. On n\u00c2\u2019a visiblement pas retenu les le\u00c3\u00a7ons des d\u00c3\u00a9sastres pass\u00c3\u00a9s. <a href=\"#5a\">retour >><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>texte de Roland Granier<\/p>\n","protected":false},"author":18,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-1310","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-theorie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pageliberale.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1310","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pageliberale.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pageliberale.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pageliberale.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/18"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pageliberale.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1310"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.pageliberale.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1310\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pageliberale.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1310"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pageliberale.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1310"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pageliberale.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1310"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}