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Haute Autorité

J’apprends par Reuters que « La France » (comprendre Jean-Louis Borloo et Jacques Chirac) a décidé de se doter d’une « institution essentielle » à la lutte contre la discrimination et pour l’égalité. Rien que ça.
On aurait espéré, pour une fois, de la nouveauté: Par exemple, halte à la discrimination en faveur des femmes pour la garde des enfants lors d’un divorce, ou bien: halte à la discrimination en faveur des gays festifs qui occupent impunément la rue pendant que vous devez aller à pied parceque votre voiture est inaccessible (quand il faut aller à l’hôpital, c’est sympa), ou encore: halte à la discrimination en faveur des oisifs sur le dos des travailleurs, que ce soit en matière d’accès aux crèches ou aux logements « publics ».
Mais non. C’est bien l’hystérie répressive qui est de retour, comme une maladie chronique:

« En créant une autorité chargée de lutter contre toutes les formes de discriminations, qu’elles proviennent du racisme, de l’intolérance religieuse, du sexisme, de l’homophobie ou du rejet des handicaps, la France se dote d’une institution essentielle pour la défense des droits et des libertés individuels et pour l’intégration », a déclaré le chef de l’Etat.

Tout est dit: si vous faites partie d’une de ces catégories, vous avez plus de droits que les autres. Dans le cas contraire, vous n’avez qu’à trimer un peu plus pour que les associations de défense de ces castes modernes puissent faire la fête avec votre argent: c’est ça, l’égalité des chances.

Il faut donc rappeler ici que tout acte est discriminatoire, car personne n’est omnipotent, et ne peut exécuter en même temps (et même en un temps très long) tous les actes possibles.
En particulier, en fréquentant vos amis, vous discriminez à l’encontre des milliards de gens que vous ne fréquentez pas. Quand vous entrez comme salarié dans une entreprise, vous discriminez à l’encontre de toutes celles dans lesquelles vous n’entrez pas. Quand vous faites vos courses chez Champion, c’est de la discrimination à l’encontre de Carrefour. Et votre nouvelle Peugeot ? Vous auriez pu l’acheter chez Fiat, tout de même ! Et surtout ne vous avisez pas de vous promener à pied. Ce serait de la discrimination contre les marchands de trotinettes !
Sans parler de toutes les prostituées avec lesquelles vous refusez obstinément de passer la nuit: vous n’avez pas honte ?

Bref, l’accusation de « discrimination » est valable partout, de tous temps et pour tout le monde. La dicrimination est une composante de l’action humaine.
Vouloir réprimer la discrimination, c’est vouloir réprimer l’action humaine et donc la vie humaine elle-même. Cette idée n’est pas morale, mais mortelle. Elle est une porte ouverte aux répresssions les plus arbitraires, puisqu’à tout moment les hommes de l’Etat pourront découvrir une nouvelle forme de « discrimination » et brimer des pans entiers de la population en conséquence.

Au fait, Chirac, dans son Palais, il ne discrimine pas peut-être ? Ai-je été invité à la garden Party de l’Elysée, moi ? Et combien y avait-il de Noirs à la Garden Party ? Et de handicapés ? Hypocrite.

Les idéologies absurdes se remarquent aussi au fait que ceux qui les prônent sont ceux qui s’en moquent le plus dans leur conduite personnelle.

En particulier, l’activité essentielle des hommes de l’Etat est précisément de discriminer en permanence, et d’introduire des inégalités massives entre les personnes.
Quand le Maire de Paris accorde une subvention de 100 000 Euros à l’association Bidule (pour ne pas la nommer, chacun connaissant les goûts de notre Delanouille national), n’est-ce pas de la discrimination à l’encontre de toutes celles à qui l’on n’accorde rien ?

Une des plus scandaleuses discriminations est évidemment le système des concours de la fonction publique. Vous passez un concours et cela vous donne le droit de vivre toute votre vie sur le dos des autres. Comme le nombre de places est limité, ce système est dicriminatoire dans son principe même. Et ne venez pas me dire qu’il « suffit » de passer le concours. Le critère de la réussite à un concours est tout aussi arbitraire que le critère du sexe ou de la couleur de peau.
En quoi le fait de réussir un concours donne-t-il des droits particuliers aux lauréats ?
L’argument selon lequel « n’importe qui a le droit de passer le concours » est du même genre que celui selon lequel « n’importe qui a le droit d’être Noir »: quand il faut certaines capacités intellectuelles et culturelles pour réussir un concours, l’accès au poste est purement et simplement impossible, et donc en l’occurence légalement interdit, aux gens simples et peu cultivés. Mais les gens simples, qui s’en soucie ? Certainement pas nos pourfendeurs de la « discrimination ».

Il faut donc redire encore et toujours que ce qui est juste, c’est de respecter la propriété des gens, non de forcer Dupont à accepter que Durant se serve de ses affaires: que ce soit son argent, son entreprise ou sa boîte de nuit.

 » L’instance pourra demander des explications à toute personne privée mise en cause devant elle et demander communication d’informations et de documents afin d’établir la réalité des faits portés à sa connaissance. »

Voilà certainement de quoi ramener un climat de confiance et de fraternité dans notre société festive.

Source: http://fr.news.yahoo.com/040715/85/3ytj3.html