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0,14 pour un, au crépuscule.

L’état – et toutes ses dépendances – n’est pas la France. Néanmoins, ses relations avec elle sont étroites.

Pour l’année 2006, le législateur de France vient de voter cette semaine qu’une année encore, les recettes que l’Etat tirerait, par la contrainte, des activités menées par les gens vivant en France seraient inférieures à ses dépenses.

La différence a été fixée à 46,9 milliards d’euros, plus de 300 milliards de francs !

Les « crédits » votés s’élevant à 334,425 milliards d’euros, et pour parler avec le langage de tous les jours, le déficit voté représente donc 14% des dépenses de l’Etat.

Très grossièrement, et dans l’absolu, chaque euro que l’Etat va dépenser à partir du 1er janvier 2006 pourra l’être parce que des épargnants – du monde entier – lui auront prêté 14 centimes, l’instant précédent.
Tout se passe comme si 14 centimes d’épargne étaient désormais nécessaires pour que l’Etat effectue un euro de dépense. Mais ce n’est pas tout.

Pour que les épargnants puissent lui prêter les 14 centimes, il faudra qu’ils aient pu payer préalablement les divers impôts et taxes que le législateur leur aura infligés et dont le montant est égal à 86 centimes. Il faudra donc qu’ils aient mené des activités qui leur auront permis de créer de la valeur pour beaucoup plus de 100 centimes – 1 euro -.

Ces mêmes épargnants ont dès à présent en patrimoine, selon les évaluations, 1100 milliards, 2000 milliards d’euros, voire davantage, de créances sur l’Etat.

En d’autres termes, les hommes de l’état peuvent pérorer sur le rôle fondamental de l’Etat en France pour le bien de tous parce que des épargnants – du monde entier – ont choisi de lui prêter ces sommes. S’il n’y avait pas ces épargnants, s’il n’y avait pas eu non plus l’innovation financière que le monde a connue depuis une vingtaine d’années, les hommes de l’Etat ne pourraient pas pérorer de la sorte, ils auraient disparu.

Il reste qu’à partir du 1er janvier 2006 et pour que le naufrage proche de France ne soit toujours pas sensible au bon peuple, il faudra que les hommes de l’Etat soient destinataires d’une épargne de 14 centimes pour pouvoir opérer une dépense d’un euro.

0,14 pour un, tel est l’avenir 2006 de l’Etat de France. Sinon … , c’est que l’iceberg de la banqueroute aura été éperonné.