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Chronique de l’interventionnisme permanent

En France, une député (et aussi « présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale et rapporteure de l’Observatoire de la parité« ) propose d’inscrire dans la Constitution la discrimination hommes/femmes:

La députée (UMP) de la Moselle était à l’origine de plusieurs dispositions intégrées dans la loi sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes du 23 mars 2006.

Celles-ci visaient notamment à renforcer la présence des femmes dans les conseils d’administration en établissant un seuil minimum de 20 % dans un délai de cinq ans. Elles prévoyaient que, dans le même laps de temps, les listes présentées aux élections professionnelles respectent la proportion de salariés de chaque sexe dans le collège électoral.

Le Conseil constitutionnel les a censurées. Il a considéré que la Constitution assure l’égalité de tous sans distinction et que son article 3 – « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives » – ne s’applique qu’aux mandats et fonctions politiques.

« On ne pouvait pas en rester là », estime Mme Zimmermann. Entourée des membres de l’Observatoire de la parité, organisme rattaché au premier ministre, elle a présenté, mercredi 7 juin, une proposition de loi visant à inscrire dans la Constitution que « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales ».

« la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives« : c’est la Constitution qui l’affirme. « Favorise »: il y a donc des favorisées et des défavorisés. La loi force les partis à mettre x% de femmes. La brave député voudrait que la loi force les entreprises à avoir x% de cadres, x% dans les conseils d’administration etc…
Une bonne loi stalinienne comme on les aime! Et encore une fois on constate que « égal accès » ou égalité des chances ne sont mesurées qu’en termes d’égalité de fait (« y a-t-il oui ou non autant de femmes que d’hommes à tel poste dans telle entreprise ? »). Moralité pour imposer la mythique « égalité des chances » on va bientôt avoir des quotas partout: dans les conseils d’administration, puis dans les directions générales, puis pourquoi pas dans les cadres! Adieu la prise de décision, place aux quotas! Adieu la rationalité, place à la religion de la « non-discrimination » discriminante (puisqu’il faudra ne promouvoir que des femmes pendant des années pour arriver à 50/50!).

Toujours en France (source: Le Monde):

Dominique de Villepin a affiché, vendredi 9 juin, sa détermination à mener à bien la fusion Suez-Gaz de France, malgré les hésitations de l’UMP sur l’opportunité d’une opération conçue au départ comme une réplique aux velléités d’OPA du groupe italien Enel sur le Français Suez.

En France c’est le Premier Ministre qui gouverne et dirige aussi les grandes entreprises du pays. C’est « normal » ici, c’est le « capitalisme à la française », autrement dit la conjonction des intérêts des riches et des puissants, au détriment de tous les autres.

pour M. de Villepin, l’affaire est entendue. Fusionner Suez et Gaz de France, c’est « faire émerger le premier acheteur européen de gaz, et donc s’approvisionner à moindre coût et dans les conditions les plus sûres sur les marchés mondiaux ». Cette nouvelle illustration de son patriotisme économique, qui n’a pas encore reçu le feu vert de Bruxelles

Pour Villepin, c’est fait, mais il a oublié de demander la permission au gouvernement réel de la France, qui siège à Bruxelles. Et celui-ci ne semble pas aimer le « patriotisme économique » (ou protectionnisme, ou nationalisme économique, ou préférence nationale…)