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Le « mensonge salvateur »

Sur
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-865902@51-843695,0.html
on peut lire « Les confessions ‘sans haine’ de Jacques Chirac », article de Béatrice Gurrey (LE MONDE | 10.02.07 |) qui commence par :

« C’est un extraordinaire document. Jacques Chirac a rencontré à plusieurs reprises cet été, puis une dernière fois en janvier, le journaliste Pierre Péan, qui confessa François Mitterrand dans Une jeunesse française (Fayard, 1994). Il en est résulté un autre livre, L’Inconnu de l’Elysée, qui sera publié chez le même éditeur, le 17 février. L’hebdomadaire Marianne (daté 10-16 février) s’est assuré l’exclusivité de ses bonnes feuilles, parues samedi. Elles recèlent des scoops, quelques arrangements avec l’histoire et permettent de mieux lire l’actualité. »

J’en retiendrai :
« Nicolas Sarkozy est « spontanément plus libéral que moi« , souligne aussi le président, portant sur le libéralisme – qu’il appliqua lors des privatisations entre 1986 et 1988 – une cinglante condamnation. « Je suis convaincu que le libéralisme est voué au même échec que le communisme et qu’il conduira aux mêmes excès. L’un comme l’autre sont des perversions de la pensée humaine« , dit-il. »

Je pense qu’il est bon de rappeler à ce stade qu’en 1985, à un colloque organisé par l’aleps, le futur Président de la République, alors maire de Paris, déclara :
« Le problème majeur du libéralisme en France est de n’avoir jamais été vraiment mis en oeuvre. A nous de prouver que le libéralisme ça marche aussi en France ! » (cf. Nouvelle Lettre, 2006, n°900).

Le libéralisme ne saurait être une perversion de la pensée humaine et, d’ailleurs, pour cette simple raison, il n’a pas de problème.  S’il en avait eu, jamais ces principes n’auraient balayé les tyrannies socialo-communistes comme ils l’ont fait et comme ils balaieront les alter-mondialistes naissantes.  Certes, cela ne s’est pas fait du jour au lendemain car les destructions étaient importantes et s’accumulaient.  Et cela ne se fait pas en France.  Cherchez l’erreur…

A l’opposé, les anti-libéraux ont un problème, c’est qu’ils sont des névrosés, fussent-ils à l’occasion Président d’une république, comme l’a expliqué Ludwig von Mises dans Le libéralisme (La seule solution possible vers le progrès économique et social) (1927), qui vient d’être réédité par les éditions « Institut Charles Coquelin » (Paris).

Pour conclure ce message, je reprendrai les termes de Mises :

« Il y a pour un homme deux façons de réagir à cette expérience.
On trouve l’une dans la sagesse pratique de Goethe :
‘Voulez-vous dire que je devrais haïr la vie
Et fuir vers le désert

Parce que tous mes rêves bourgeonnants n’ont pas fleuri ?’
crie son Prométhée.
Et Faust reconnaît au ‘moment le plus important’ que ‘le dernier mot de la sagesse’ est :
Personne ne mérite la liberté ou la vie
S’il ne les conquiert chaque jour à nouveau.’
Une telle volonté et un tel esprit ne peuvent pas être vaincus par la malchance terrestre.
Celui qui accepte la vie pour ce qu’elle est et ne se laisse pas submerger par elle, n’a pas besoin de chercher refuge dans la consolation d’un ‘mensonge salvateur’ pour compenser une perte de confiance en soi.
Si la réussite espérée n’est pas au rendez vous, si les vicissitudes du destin démolissent en un clin d’œil ce qui avait été péniblement construit au cours d’années de dur labeur, alors il multiplie simplement ses efforts.
Il peut regarder le désastre en face sans désespérer. » 

Je vous ferai grâce de l’autre, celle du névrosé.  Je suis persuadé que vous l’imaginerez sans peine ou alors précipitez-vous sur le livre.