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Premiers mensonges étatiques de 2006

Pour le 1er janvier 2006, les hommes de l’Etat ont mis les bouchées doubles. Anticipant vraisemblablement sur le 1er janvier 2007 où ils s’interdiront en bons politiques qu’ils sont de faire bouger quoi ce soit – si tout n’est pas mis sens dessus dessous d’ici là -, ils ont décidé de variations des paramètres de l’organisation de la sécurité sociale qui laissent pantois, étant donné l’état du marché du travail.

Pour le 1er janvier 2006, les hommes de l’Etat ont augmenté le plafond mensuel de la Sécurité sociale de 2,9% : il passe ainsi 2 516 euros à 2 589 euros par mois.

En d’autres termes, les personnes en activité qui ont aujourd’hui un salaire brut (1) compris entre 2516 et 2589 euros vont constater que ce qu’ils reçoivent sur leur compte en banque fin janvier – puis après – aura diminué dans la mesure du pourcentage des cotisations de SS sous plafond que l’augmentation de plafond leur fera supporter.
Et pour celles qui bénéficieront d’une augmentation de salaire brut de la part de leur employeur qui les fera se situer encore dans cette tranche, une partie disparaîtra du fait spécifique de l’augmentation de plafond.

Mais pourquoi une augmentation de 2,9 % quand l’augmentation des prix est officiellement de 1,8%, bref quand la diminution de pouvoir d’achat des revenus est officiellement de 1,8% ? Pourquoi ce nouveau transfert de ressources de 1,1% à l’organisation de la sécurité sociale qui s’ajoute ainsi au vol de ressources de 1,8% à quoi l’action inflationniste de la BCE a donné lieu ? C’est le fait du prince, en l’espèce la classe politico-bureaucratique qui se présente comme « démocratique » !

On remarquera en passant que, sans autre forme de procès, le prince ratifie la baisse officielle de pouvoir d’achat causée par l’inflation de la monnaie « euro » – premier vol légal de ressources à destination de la BCE et des banques centrales administratrices de la zone euro -.

Certes, la base mensuelle des allocations familiales, qui sert à calculer la plupart des prestations familiales, est revalorisée simultanément de 1,8%.
Certes, le revenu minimum d’insertion (RMI) est revalorisé de 1,8% et passe à 433,06 euros par mois pour une personne seule. Pour une personne seule avec un enfant ou pour un couple sans enfant, son montant passera à 649,59 euros, tandis qu’il s’élèvera à 779,51 euros pour une personne seule avec deux enfants ou pour un couple avec enfant.
Mais ces versements, marques anciennes de la prétendue nouvelle discrimination positive, financent des inactivités et constituent des pertes sèches de ressources.

Il reste que le prince affirme ne pas pouvoir diminuer le taux de la TVA sur la restauration à 5,5% soi disant à cause de la classe politico-bureaucratique de l’Union européenne alors qu’en changeant le taux de cotisation obligatoire pour la retraite, il permet à l’organisation de la SS d’augmenter les « prélèvements obligatoires » – second type de vol légal – tandis que le prélèvements étatiques sont d’ores et déjà à plus de 55% du PIB. Cela est à souligner.

De plus, la classe politico-bureaucratique, supportée par la fidèle classe médiatique stipendiée, a le toupet de déclarer que les cotisations en question sont majorées de 0,2 point – 20 points de base dans le langage financier – sous prétexte que la hausse serait supportée à parts égales entre les employeurs et les quelque 15 millions de salariés du privé (+ 0,1% chacun).

Eh bien non, chers médiateux, la réalité n’est pas celle que les politiques vous invitent à rapporter. Vous le savez vraisemblablement mais vous ne voulez pas le faire savoir. Jusqu’à quand allez-vous endosser le rôle ?

La réalité est qu’à cause de cette variation de la réglementation de la retraite, le prix du travail augmente comptablement en France de 10 points de base et que la hausse est payée par l’employeur non pas à l’employé, mais à l’organisation de la SS.
Et il est particulièrement « anti démocratique » que l’employé n’en sache rien et que les hommes des syndicats ne l’en informent pas quand on n’ignore pas que toute augmentation arbitraire du prix du travail est nécessairement source de chômage.

Dès fin janvier, l’employé va retrouver sur son compte bancaire un « net payé » diminué de l’augmentation de 10 points de base correspondant à la cotisation « salariale » dont il est soi-disant redevable. Les hommes des syndicats auront beau jeu alors d’attiser sa colère contre le patron.

La vérité est que sa véritable cotisation de retraite obligatoire de SS augmente de 20 points de base.
La variation de la réglementation de la retraite a pour effet à la fois d’augmenter ce à quoi l’employé aura droit demain – sauf faillite intempestive d’ici là de l’organisation de la SS ou « retournement de veste » ou révolution – et de diminuer les moyens dont il peut disposer librement aujourd’hui en relation avec la rémunération de ses efforts passés à travailler pour l’employeur.

Pour les personnes dont le salaire brut est entre 2 516 euros à 2 589 euros par mois, ce mois de janvier 2006 – et, toutes choses égales, les mois à venir pour les raisons évoquées – est singulièrement salé.
Le grand Jacques avait dit qu’il s’occuperait des classes moyennes, il s’en occupe effectivement.

1) Rappelons que le « prix du travail » n’est jamais que le « salaire brut » augmenté des cotisations prétendument patronales alors que le « net payé » est le salaire brut diminué des cotisations prétendument salariales et ce que l’employé retrouve sur son compte en banque.