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Apocalypse

Depuis quelques jours j’ai la chance d’avoir la télé par câble, et je peux me gaver de films de science fiction, de série B à Z de préférence. J’ai vu « Terre brûlée »(1970, Angleterre), où la famine mondiale généralisée entraîne l’anarchie et le retour au Moyen Age, les fusils en plus, « Soleil Vert », polar futuriste où Charlton Heston découvre que le biscuit « soleil rouge » n’est autre que de l’humain recyclé, et encore d’autres films cauchemardesques, de la même époque. Tous nous promettaient une fin rapide, une décadence accélérée, des épidémies incontrôlables, bref un destin funeste pour l’humanité, victime de la technologie, la pollution, la croissance, toutes ces conséquences affreuses de la liberté. 30 ans plus tard, tous ces films semblent complètement dépassés, enfin pour ceux qui les ont vus, ce qui ne semble pas être le cas de…. Hubert Reeves (à ne pas confondre avec le Captain Iglo). Il fait les mêmes prédictions absurdes dans une colonne publiée dans 20 Minutes du 22/04/03, titrée « L’espèce humaine survivra-t-elle à l’actuelle crise écologique ? ».

En détail, qu’est-ce que ça donne ? Les mêmes recettes qu’il y a 30 ans. Les mêmes. Ca commence avec un peu de distillation de peur : « toutes les menaces que l’homme fait planer –réchauffement, pollutions, extinctions massives de plantes et animaux- ». Quel réchauffement ? Un tas d’études très récentes (cf. slashdot) montrent que c’est un leurre. Le climat a varié dans des proportions très importantes et rien ne permet de lier de façon certaine les variations actuelles à l’activité humaine plutôt qu’aux dégagements gazeux des volcans ou au Soleil. Les extinctions massives ? Rien de définitif là-dessus non plus. Pourtant la comparaison employée n’est plus ni moins que celle des dinosaures !!

Après cet assaut ces « interrogations », la question est posée : l’homme survivra-t-il ? A cela, il a tout de suite réponse : «il faut stopper le réchauffement ». Evidemment, il faut d’abord croire que l’on peut y faire quelque chose. Par exemple en empêchant les volcans de rejeter des cendres, ou en arrêtant dans l’espace une partie du rayonnement solaire. Mais ce ne sont pas là les causes reconnues par Reeves : pour lui, c’est la consommation d’hydrocarbures. Et les solutions sont évidemment de produire de l’énergie autrement : solaire ou nucléaire.

Entre les deux selon Reeves, le choix est vite fait : le nucléaire fait peur (tiens donc, serait-ce par la faute du discours écolo ?), donc c’est le solaire qu’il faut développer. Yakafokon, tellement simple que ça devrait être le slogan écolo. Il ne dit pas comment, ou plutôt il laisse imaginer. L’Etat je suppose devra financer tout ça, donc les impôts ?

Bref, on en resterait bien là, avec un goût de déjà vu, et en se disant que ce qu’on vient de lire est franchement ringard à force d’être répété, et puis le pauvre Hubert déraille complètement. Le dernier quart de sa colonne est en effet consacrée à l’égalité mondiale ! Lisez donc : « l’énorme disparité des richesses sur notre planète est un autre problème aigu de notre époque ». Disparité des richesses ? Il veut certainement dire : disparité de la production, car les richesses ne tombent pas du ciel mais sont produites. Ensuite il parle de « 2 milliards de personnes en dessous du seuil de pauvreté », pour dire qu’il est en croissance, et que bientôt 50% de la planète sera « pauvre ». Encore des prévisions apocalyptiques, qui je crois méritent certainement un petit tour par des instituts statistiques pour les vérifier, car à ma connaissance la population de la terre a beaucoup augmenté, et peut-être le nombre absolu de « pauvres » a augmenté, mais le nombre relatif a baissé. Je prendrai le temps de vérifier ça plus tard.

Mais pourquoi est-ce si important ces inégalités ? Parce qu’elles sont le « terreau de la violence » (et du 11 septembre aussi ?) ! D’ailleurs la criminalité des banlieues, c’est la faute aux inégalités ! Et là encore les causes sont entendues : « il faut une mondialisation de l’écologie pour s’opposer aux méfaits et aux pollutions provoquées par la mondialisation de l’économie ». Toujours en train de caresser les peurs, et de raccourci en raccourci, de mensonge en mensonge, promouvoir des solutions étatistes. Vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur. Toujours d’actualité.


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