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Les manants iront à pied

les français devront faire du vélo

Avec l’essence trop chère, Christine Lagarde appelle les Français à faire évoluer leurs habitudes de déplacement. Et de les inviter à utiliser le vélo. « Il faut de temps en temps oublier son véhicule au profit de ses deux jambes et de ses deux-roues. Sur des petits trajets, quand on n’est pas très chargé, pourquoi ne pas laisser la voiture au garage? Dans les grandes agglomérations ou dans les petites villes de province, utilisons les bicyclettes », déclare la ministre de l’Economie, dimanche, dans un entretien au Parisien.

Pourquoi cette idiote pense-t-elle que les Français sont assez bêtes pour ne pas utiliser de moyen de transport alternatif quand cela est possible pour eux ? Doit-on avoir les conseils d’un ministre pour savoir ce qui est plus avantageux pour nous ?

Et pour les Français qui n’ont pas d’autres alternatives que la voiture, la ministre préconise une « option plus collective ». « Entre collègues ou amis, il est peut-être possible de se concentrer pour faire la route ensemble », ajoute la ministre qui déclare faire « confiance à l’intelligence du consommateur français ».

Encore une fois, Mme Lagarde prend les Français pour des cons, tout en déclarant « faire confiance à l’intelligence du consommateur français ».

Bien sûr, tous ceux qui n’ont pas le choix, et je pense notamment à tous mes amis provinciaux, largement taxés pour subventionner les transports publics parisiens et des grandes agglomérations françaises, continueront de payer des tonnes de taxes. Mais que voulez-vous, ce sont de dangereux criminels anti-écologiques… Quant aux bobos parisiens, ils peuvent se draper dans leur supériorité morale et faire du vélib’.

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Lire et comparer

A mettre en parallèle:

Je reproduis quelques lignes d’article dans Le Monde (avant qu’il ne disparaisse dans leurs archives payantes…):

Le 19 septembre, le porte-parole de la LCR a publié avec le sociologue Michaël Löwy Che Guevara, une braise qui brûle encore (éditions Mille et une nuits, 14 euros). Un mois plus tôt, il annonçait la création d’un « nouveau parti anticapitaliste » prenant de court les militants de son organisation. Insensiblement, l’image donnée de la LCR change. Fini le temps où le candidat n’était « qu’un camarade parmi d’autres ». Désormais, ses amis revendiquent l’aura de leur candidat qui « pèse » 1,5 million de voix. On parle du « parti d’Olivier », fondé sur le « programme présidentiel d’Olivier ». Son livre en est une illustration : les auteurs expliquent « l’actualité ardente » des idées du guérillero pour la « rénovation » et « le socialisme du XXIe siècle ».

On a aucune peine à croire qu’Olivier soit animé de la même rage fanatique, et meurtrière, que celle de Guevara. Cette idéologie trouvera toujours des fous pour la servir.

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Subreporting sur les subprimes

Dans Le Monde, article sur les « subprimes » et l’impact sur les « défavorisés »:

A 150 kilomètres de Los Angeles, l’agglomération californienne du comté de Riverside – un des plus pauvres de l’Etat -, connue pour ses trailer parks (des campings améliorés), est l’une de ces villes qui ont connu un boom immobilier sans précédent depuis dix ans.

La construction de ces cités champignons a été le moteur d’un développement intensif, spécialement en Californie du Sud. Là, des ménages aux revenus modestes ont pu devenir propriétaires après s’être engagés dans l’obtention de prêts hypothécaires à taux variables, ces fameux subprime consentis aux emprunteurs à risque…

Grâce au crédit, au lieu de rester dans les trailers parks des milliers de personnes ont pu devenir propriétaires!

Or, avec la crise du secteur du subprime, rien ne se vend plus dans ces zones suburbaines. Pire, des milliers de petits propriétaires trop endettés ne peuvent plus rembourser les échéances de leurs crédits, et risquent de perdre leur propre logement.

Les propriétaires victimes sont forcément « petits », simplement pour attirer la sympathie. Cet adjectif est bien entendu totalement superflu et n’apporte rien à l’article, mais il a son utilité. Bref, suite à des difficultés financières, beaucoup ont du mal à rembourser. Problème, aux Etats-Unis les prêts hypothécaires sont très développés: vous ne devenez propriétaire de votre maison que quand vous avez fini de payer. Avant cela, vous pouvez être expulsé pour que l’organisme de crédit se refasse sur la vente du bien. Evidemment le système a son intérêt pour les prêteurs: si l’emprunteur fait défaut, il peut toujours revendre le bien. Dans un marché immobilier en hausse, c’est une garantie contre le risque…

Aux Etats-Unis, les procédures de saisie ont doublé en juillet, atteignant 179 599, selon le site Internet spécialisé RealtyTrac, qui dénombre plus d’1,1 million de procédures depuis le mois de janvier, soit une moyenne d’une procédure sur 112 foyers.

La Californie figure parmi les cinq Etats américains où les saisies de logements s’accélèrent, avec la Floride, le Michigan, l’Ohio et la Géorgie. Certaines zones urbaines, plus aisées, sont moins touchées (à Beverly Hills, on compte une seule saisie, et à Malibu… zéro !). Mais partout, la crise du crédit entraîne une chute des valeurs immobilières. « S’il y a quatre maisons saisies dans le voisinage, le prix de vente baisse d’au moins 20 % », affirme Robert Gnaizda, du Greenlining Institute de Berkeley, dont le but est d’encourager l’accès à la propriété pour les revenus faibles. « La crise présente affecte surtout les milieux défavorisés. »

… quand le marché immobilier baisse, les emprunteurs ne sont pas sûrs de retrouver leurs fonds, et les prêteurs eux, perdent leur logement… Evidemment les premiers touchés ont les revenus les plus faibles: on rembourse moins bien quand les revenus baissent…

La situation est critique dans le comté de Riverside : au 2e trimestre 2007, la ville de Hemet a enregistré 68 saisies (contre 6 pour le 2e trimestre 2006) ; Murrieta en a compté 142, Temecula 136, Perris 147, Moreno Valley 309… L’histoire de la famille « J. » est exemplaire. Il y a dix ans, ce couple a acheté un pavillon de quatre pièces à Corona, pour la somme de 148 000 dollars (110 000 euros), en en empruntant la quasi-totalité. Suite à des soucis de santé, leurs revenus ont diminué. Ne pouvant plus rembourser, ils ont refinancé en 2000, et à trois autres reprises, augmentant chaque fois le montant du prêt, pour tirer des liquidités.

On appelle pas ça de la cavalerie ? Emprunter plusieurs fois pour couvrir l’emprunt précédent ?

Car, avec l’envolée spectaculaire des prix de l’immobilier dans la région, les sociétés de prêts, certaines de pouvoir revendre les crédits à Wall Street, ont sollicité très agressivement tous les propriétaires (par courrier, téléphone ou courriel), pour les inciter à monétiser leur plus-value immobilière.

En septembre 2005, les « J. » ont emprunté à hauteur de 450 000 dollars, mais se sont vus contraints de mettre la maison en vente, pour faire face aux échéances. Estimé alors à 480 000 dollars, leur pavillon n’a pas trouvé d’acquéreur. Alors, le créancier, GMAC Mortgage, un des plus importants avec 34 bureaux en Californie, a engagé la procédure de saisie.

La famille J. a eu les yeux plus gros que le ventre: la maison était estimée à 480.000$ (vous avez dit « défavorisés » ?), et donc ils ont emprunté à nouveau… 450.000$! Au lieu de conserver le crédit sur 148.000$ initial, ils ont préféré ré-hypothéquer leur maison auprès d’autres organisme de crédit (qui je suppose a racheté le premier crédit), pour disposer de cash. Ce n’est pas un exemple de gestion saine!

«  »Subprime » est un mot poli pour décrire des prêts scandaleux, commente ce lecteur du Los Angeles Times, il s’agit d’une escroquerie qui fait de l’acquéreur une victime. » Aujourd’hui, des associations de consommateurs réclament des mesures pour protéger les propriétaires en difficulté.[…]

Prêts scandaleux ? Sans ces prêts des centaines de milliers de personnes n’auraient pas eu accès au crédit.

Acorn (Association of Community Organizations for Reform Now), une organisation nationale vouée à la protection des consommateurs défavorisés, appelle à un moratoire d’un an sur toutes les saisies immobilières et à la suspension des ventes aux enchères de propriétés saisies, « afin que les victimes des prêteurs prédateurs puissent réaménager les termes de leurs emprunts », explique Larry Hynson depuis le siège d’Oakland.

Un tel moratoire mettrait en faillite les organismes de crédit, et n’arrangerait pas pour autant la situation des « défavorisés ». Où trouveront-ils des crédits la prochaine fois ?

Bref cet article n’explique rien, on ne comprend pas comment le système fonctionne, pourquoi et comment il a dérapé, pourquoi les prêteurs se retrouvent avec beaucoup de défaillances…

Pour tout comprendre sur cette crise, allez donc lire

N’hésitez pas à suivre tous les liens que Vincent propose (et il y en a BEAUCOUP), et tant que vous y êtes lisez son dossier sur le logement en France (indispensable pour comprendre la pénurie actuelle).

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Aveuglement idéologique

Aujourd’hui dans Le Monde, un retour par Nicolas Weill sur la « controverse » suscitée en 1997 par la préface de Stéphane Courtois à l’ouvrage collectif « Le livre noir du communisme:

Le maître d’oeuvre du Livre noir, Stéphane Courtois reprend et radicalise la thématique dans un « chapitre introductif » qui va mettre le feu aux poudres en plaçant sur le même pied le « génocide « de classe«  » et le « génocide « de race«  ». « La mort de faim d’un enfant de koulak ukrainien délibérément acculé à la famine « vaut » la mort d’un enfant juif du ghetto de Varsovie acculé à la famine par le régime nazi« , martèle-t-il. La phrase fait scandale moins par son contenu que par la protestation qu’elle suggère : la mémoire de la Shoah – alors très présente dans le contexte du procès de Bordeaux [le procès de Maurice Papon se déroulait au même moment] – servirait à occulter celle de la terreur communiste.

Parler des crimes nazis, c’est autant de fois en moins qu’on parlera des crimes communistes. Je me souviens encore de mes années de collège et lycée, et je ne me souviens pas avoir passé le cinquième du temps à étudier les crimes communistes par rapport à ceux des nazis, pourtant loin derrière comptablement. Et c’est pareil pour les reportages télés, les livres etc.

Evidemment, l’équation nazisme = communisme n’obtient pas des faveurs unanimes, y compris parmi les auteurs du Livre Noir:

Certains des principaux auteurs, notamment Nicolas Werth, qui a traité du chapitre concernant l’URSS, et Jean-Louis Margolin prennent alors leurs distances avec cette « ligne générale » qui transforme le livre en machine de guerre pour la « concurrence des victimes« . Dans Le Monde du 14 novembre 1997, ils refusent d’endosser la thèse d’une « sanglante essence du communisme« . « Le communisme au pouvoir fut partout antidémocratique et répressif ; il ne fut ni partout ni constamment massacreur« , assurent-ils au nom de la complexité. On ne peut réduire le phénomène communiste à son caractère meurtrier.

La vraie critique à l’égard de la position de Stéphane Courtois est là: beaucoup refusent d’admettre la « sanglante essence du communisme« . Quant à affirmer que les régimes communistes ne furent pas uniformément massacreurs, certes, mais comme ils le reconnaissent eux-mêmes ils ont tous été « antidémocratiques et répressifs« , qualificatifs auxquels j’ajoute: totalitaires. Appeler « massacreurs » tous les régimes communistes est sans doute légèrement excessif, par exemple Castro n’a pas massacré avec autant d’enthousiasme que d’autres, même s’il a fait fusiller par Che Guevara nombre d’opposants (avant de se débarasser du Che qui lui était avide de sang). Il n’en reste pas moins que tous sans exceptions ont procédé à des purges, des famines provoquées, ou bien, pour revenir sur l’exemple cubain, à un exode massif et meurtrier de population (pensez aux balseros). Tous les régimes communistes ont du sang sur les mains. Peut-on alors réduire le communisme à son caractère meurtrier ? Non, de même qu’on ne va pas parler de l’islamisme qu’en comptant le nombre de victimes d’attentats. Le communisme est une idéologie, avec des fondements théoriques, des croyants, et malheureusement des pratiquants (le plus souvent contre leur gré).

La question de fond est donc la suivante: l’idéologie communiste est-elle intrinsèquement meurtrière ? A cela la réponse est facile: puisque le communisme n’existe pas naturellement, il faut l’imposer, contrairement au « capitalisme » qui émerge seul dès lors que les individus sont libres. Puisqu’il faut briser les relations tissées librement pour imposer le communisme, il faut évidemment recourir à la force, où à la menace de la force. Une fois le marché détruit s’ensuit les conséquences inévitables: mauvaise allocation des ressources, d’où pénuries, investissements ineffectifs, mécontentement général, répression, recherche de boucs émissaires, purges, famines… Et c’est sans compter les effets secondaires: quand le système de santé prend l’eau, l’espérance de vie de la population n’augmente pas aussi vite qu’elle l’a fait dans les pays plus libres, les nouveaux médicaments coûteux ne sont pas distribués, les dernières technologies ne sont pas disponibles, etc. Et c’est pareil pour la vie culturelle: vous pouvez nommer un film soviétique marquant ? Un auteur ? Idem pour tous les biens de consommation courante, etc. La vie dans les régimes communistes est terne, sans espoir, faite de queues, de rationnements, génère du cynisme et du ressentiment. Pire encore, elle détruit l’initiative individuelle, promeut l’obéissance aveugle à l’autorité, encourage la suspicion mutuelle, donc sape complètement les bases de toute société de confiance, annihile toute vélléité de prise de risque. Une société subissant le communisme pendant trop longtemps met des années à s’en remettre moralement, et on voit aujourd’hui avec la Russie combien il est difficile de sortir du communisme sans retomber derrière dans un régime similaire (Poutine est un autocrate concentrant lui et sa clique tous les moyens de l’Etat, supprimant les indésirables, à la différence des communistes il reconnaît aux autres le droit de s’enrichir pour mieux les piller ensuite au travers de la corruption, de la confiscation, et des impôts).

A ce jour, le communisme est pourtant toujours vu comme un idéal noble:

La controverse rebondit à l’intérieur du Monde, dont le directeur, Jean-Marie Colombani, prend la plume en personne, le 5 décembre 1997, pour rappeler, à propos de la comparaison entre nazisme et communisme, qu' »il y aura toujours une différence entre celui qui s’engage en croyant à un idéal relié, par la réflexion, à l’espérance démocratique, et celui qui repose sur l’exclusion et qui fait appel aux pulsions les plus dangereuses de l’individu« .

Le communisme n’est en rien démocratique, même si la page Wikipedia sur la dictature du prolétariat est très tendre:

De façon concrète, la dictature du prolétariat se présenterait par un pouvoir détenu par l’ensemble des prolétaires, organisés de façon démocratique (avec des conseils, des élus mandatés et révocables, notamment). Le concept est ainsi présenté comme se rapprochant de la démocratie directe. Il y a toutefois deux spécificités : la dictature du prolétariat nécessite une révolution prolétarienne préalable qui passe par la prise du pouvoir populaire. D’autre part, le pouvoir serait la propriété d’une seule classe sociale, d’où un problème de discrimination.

Des spécificités qui nient totalement l’idée d’une démocratie puisque la révolution est forcément menée par une minorité, sinon pas besoin de révolution, d’autre part une fois la révolution faite les dirigeants choisissent soigneusement qui participe à la « démocratie »… Bref une vraie démocratie populaire!

Par ailleurs, le communisme en appelle à la jalousie en divisant la société en exploiteurs et exploités, elle absout la moitié de la population en désignant expressément l’autre moitié comme responsable et coupable des maux de l’autre. Aucune introspection requise pour les croyants, la cause de tous les maux se trouve dans les actions des autres. On ne peut donc nier que le communisme en appelle aux plus bas instincts de l’homme. Il y a les victimes et les exploiteurs, les gentils et les méchants! Le monde communiste est manichéen, donne carte blanche aux « gentils » pour éliminer les autres, coupables de toutes les ignominies. Pas étonnant dès lors que les communistes aient massacré autant au travers de tout le 20ème siècle (et continuent de le faire en Corée du Nord).

Alors, le communisme est-il inévitablement meurtrier ? Au regard des expériences du 20ème siècle, on peut répondre oui. Et si demain Besancenot ou d’autres prenaient le pouvoir en France (ce qui est hautement improbable), il n’y a pour moi aucun doute que l’aveuglement idéologique de ces néo-communistes amènerait aux mêmes désastres. D’autant qu’à l’heure actuelle personne dans les milieux médiatiques ou intellectuels n’a entrepris de regarder le communisme en face et de le dénoncer.

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L’exclusion en marche

Lu dans Matin plus en juillet:

Belleville: Les artistes refusent l’expulsion
Les artistes de la Générale ont manifesté, hier, sur le parvis de l’Hôtel de Ville pour protester contre leur expulsion annoncée.
Ce collectif squatte depuis 2005 un bâtiment de l’Education Nationale de 6000m² à Belleville, rue du Général Lassale (19è). Vacants depuis dix ans, ces locaux sont voués à accueillir une annexe de l’hôpital psychiatrique Maison-Blanche. Hier, la mairie de Paris a tenu à rassurer les nouveaux artistes: « le Conseil de Paris a affirmé à deux reprises son souhait de rechercher, avec le Ministère de la Culture, la région Ile de France, les moyens d’une poursuite des activités artistiques et culturelles de La Générale ». Et de rappeler qu’une trentaine de membres du collectif avaient accepté un relogement à la manufacture de Sèvres (3000m²). « Cette délocalisation en dehors de la capitale ne correspond pas à notre projet artistique et associatif », déplore Paul Martin, porte-parole du collectif. Comme lui, une cinquantaine d’artistes ont refusé de s’installer à Sèvres. « La Mairie nous propose un autre lieu de 330m², libre dans un an, mais on ne sait où », explique-t-il. « on attend une meilleure proposition… »

1/ en plein Paris, l’Etat laisse libre pendant 10 ans 6000m². Au prix du m², que ce soit en location où à la vente, c’est un gâchis fantastique.
2/ l’Etat est incapable d’assurer la sécurité de ses biens, puisque les portes ont été forcées, qu’un collectif de zozos a pu s’y installer…
3/ on propose à ces artistes un relogement. Ils immobilisent une fortune d’actifs immobiliers et ont le culot de réclamer et se voir proposer un relogement ? On ne parle pas ici de réfugiés après une catastrophe naturelle, on parle de personnes ayant volontairement, sciemment enfreint le droit de propriété (fut-il de l’Etat)! Au mieux on pourrait espérer un règlement à l’amiable, au pire ils devraient avoir deux années de loyer à payer (à environ 20euros le m² dans Paris…)
4/ on voit bien dans quelle société on vit: 3000m² à Sèvres ne plaisent pas aux zartistes: « ça ne correspond pas au projet artistique et associatif ». Alors ils réclament à leurs amis socialistes et verts de la mairie de Paris de trouver mieux. Nul doute qu’ils auront mieux.

Après m’être étranglé en lisant cet article dans Matin Plus, je suis allé chercher leur site web et j’ai trouvé leur page « articles de presse« . Ils n’ont pas été pris au dépourvu: voilà deux ans qu’ils doivent être explusés! Ils savaient dès le premier jour ce qu’ils « risquaient » mais n’en ont cure! Ils préfèrent vivre en parasites, car ils savent qu’ils sont protégés des conséquences de leurs actes: la justice ne les condamnera pas, leurs amis politiques ne les attaqueront pas, et comme on a vu se mettent en quatre pour trouver des « solutions ». Leurs projets artistiques et associatifs ? Ce sera aux autres de les financer, eux se contentent de toucher le RMI et ne payent pas de loyer.

Mise à jour:
Richard m’envoie un lien vers un article dévastateur: la générale: visite non guidée. En vrac: La Générale est un lieu d’ouverture avec une porte blindée et un digicode à l’entrée, les expositions etc sont privées, réservées aux potes des artistes de La Générale, ils ne touchent pas de subventions mais n’expliquent pas pour autant comment ils se financent (ben tiens…)… Bref du délire. Allez le lire.

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Harmonies sociales (Spoliations et Dissonances)

Les Editions du Trident viennent de publier en juin 2007, un ouvrage de Frédéric Bastiat, inachevé pour un cas de force majeure, celui de sa mort.

Comme je l’explique dans la préface que les Editions m’ont proposé de rédiger et que je commente sur mon blog, jamais les textes composant cet ouvrage n’auraient du être publiés en complément de son livre intitulé Harmonies économiques, qu’il avait publié quelques mois avant le jour fatal (1), comme ils l’ont été en 1851, puis depuis lors dans les diverses éditions des Oeuvres complètes de Frédéric Bastiat.
C’est la raison pour laquelle les Editions du Trident ont choisi de le publier séparément et de l’intituler Harmonies sociales (Spoliations et Dissonances)

Ce livre est à lire pour de nombreuses autres raisons que je donne dans la préface.

Raison déterminante – pour autant qu’on ordonne l’ensemble -, Bastiat a prédit dans le chapitre IV intitulé « Des salaires » ce qui se produirait si jamais les Sociétés de secours mutuels alors en constitution libre venaient à être réglementées et rendues obligatoires. Autrement dit, il a anticipé sur l’Organisation de la sécurité sociale obligatoire qu’un coup de force a assénée à la France, en 1945-46, et dont nous vivons aujourd’hui les derniers soubresauts – au moins j’espère qu’il en est ainsi – ;

« Les abus iront toujours croissant, et on en reculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage, jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion. Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du Droit, de la Propriété, de la Liberté et de la Justice. »

A cet égard, le sous-titre ne doit pas être négligé car c’est, en définitive, le fond de l’ouvrage : Bastiat avait dans l’esprit d’écrire une physiologie de la spoliation, cet « insecte peu ragoûtant » si l’on suit la pensée de Vilfredo Pareto dans son Cours d’économie politique (1896-97), éditions Droz, Genève :

« Le blâme qu’encourt la spoliation a fait que les économistes se sont généralement abstenus de l’étudier, imitant en cela les amateurs d’entomologie qui se bornent à capturer les plus beaux papillons. Le naturaliste, au contraire, ne détourne ses regards d’aucun insecte, fût-il des plus repoussants, et la science doit étudier tous les phénomènes qui sont de son ressort. » (Pareto, § 1042)

Mais Pareto s’était félicité, aussitôt sa remarque faite, de la « brillante exception » qu’avait conçue Bastiat sous le titre « Physiologie de la spoliation » , où celui-ci avait commencé à délimiter l' »insecte »…

Commandez Harmonies sociales (Spoliations et Dissonances) aux Editions du Trident, lisez l’ouvrage et offrez le, personne ne sera déçu, je suis même certain du contraire.

(1) Les Editions ont d’ailleurs publié une nouvelle édition de Harmonies économiques en 2006, préfacée « encore » par ma plume.

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Le point sur les dernières élections.

Le message précédent expliquait pourquoi son auteur ne votait pas.

Mais qu’ont fait effectivement les Français les 22 avril et 6 mai 2007 pour l’élection du Président de la République, puis les 10 et 17 juin suivants pour l’élection des députés de l’Assemblée nationale ?

Le temps est venu de faire le point. Voici quelques chiffres.

1. Les non inscrits.

Etant donné qu’en France, la population de plus de 18 ans est aux environs de 48 millions de personnes (cf. http://www.insee.fr/fr/ffc/pop_age3.htm ) et
que la population inscrite sur les listes électorales a été officiellement :

………Inscrits…………………………….Nombre
1er tour présidentielle………………….44 472 834
2nd tour présidentielle…………………44 472 733
1er tour législatives…………………….43 888 779

Source :
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/PR2007/FE.html et
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/LG2007/FE.html

il faut admettre que le chiffre des personnes non inscrites sur les listes électorales était de l’ordre de 3,5 millions pour les trois tours d’élections, soit 7,9 % de la population.
Soit dit en passant, étant donnés les élus du premier tour des législatives, le nombre d’inscrits au second tour n’est pas comparable au nombre d’inscrits du premier tour (à cause de la population correspondante qu’il faudrait retrancher…). Nous le laisserons de côté

2. Les abstentions, votes nuls et votes blancs des inscrits.

A ce chiffre des non inscrits, il convient d’ajouter les abstentions, votes nuls et votes blancs des inscrits.
L’abstention consiste à ne pas participer à une élection ou à des opérations de référendum. Selon les commentateurs, elle traduit
– soit un désintérêt total pour la vie publique,
– soit un choix politique actif consistant à ne pas se prononcer afin de montrer son désaccord.

Le vote blanc consiste pour un électeur à déposer dans l’urne un bulletin dépourvu de tout nom de candidat (ou de toute indication dans le cas d’un référendum). Ce type de vote indique une volonté de se démarquer du choix proposé par l’élection, mais il n’est pas comptabilisé lors du dépouillement.

Le vote nul correspond à des bulletins déchirés ou annotés et qui ne peuvent pas être pris en compte lors des opérations de dépouillement. Il est parfois difficile d’interpréter le sens d’un vote nul. L’électeur peut ne pas avoir souhaité que son vote ne soit pas décompté (il a cru qu’une mention manuscrite ajoutée n’aurait aucune incidence). Mais il arrive également que l’électeur ait volontairement déposé un bulletin nul, pour manifester son opposition aux différents candidats et programmes présentés.

Officiellement, les votes blancs et nuls ne sont pas ajoutés aux abstentions et le nombre des suffrages dits exprimés les excluent !

Il ressort du tableau qui suit

Abstentions + votes blancs et nuls…………..Nombre………………………% population
1er tour présidentielle…………………7 218 592 + 534 846 = 7.75…………16.1
2nd tour…………………………………7 130 729 + 1 568 426 = 8.7………….18.1
1er tour législatives…………………..17 363 796 + 501 931 =17.86…………37.2

qu’entre les présidentielles et les législatives le nombre des abstentions, votes blancs et nuls a plus que doublé, passant de 16,1 % à 37,2 %.

3. Election du Président de la République.

Le nombre des suffrages exprimés aux présidentielles est donné par le tableau qui suit.

Exprimés Présidentielles……………………..Nombre…………………………% population
1er tour……………………………………..36 719 396…………………………..76,5
2nd tour……………………………………..35 773 578………………………….76,5

En conséquence de quoi, Nicolas Sarkozy a été élu par 39,6 % de la population

………….2nd tour…………………………..Nombre………………………….% population
M. Nicolas SARKOZY…………………..18 983 138…………………………….39,6
Mme Ségolène ROYAL…………………16 790 440…………………………….35

soit par « deux Français sur cinq (de plus de dix huit ans) ».

4. Election des députés de l’Assemblée Nationale.

Sur la base des résultats du 1er tour de l’élection, on peut dire que l’Assemblée Nationale a été élue par 54,1 % de la population :

Législatives 1er tour………………………..Nombre…………………………..% population
Exprimés……………………………………26 023 052…………………………….54,1

Et approximativement, on peut dire que le premier parti de France, celui du Président de la République, représente les suffrages de 25 % de la population, soit « un Français sur quatre (de plus de dix huit ans) ».

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Pourquoi JE ne vote pas

La réponse est simple: parce que je suis rationnel, c’est-à-dire que je considère les coûts de mes actes, les buts recherchés et les chances d’atteindre ces buts.

Pour employer un langage imagé, l’ « équation » est la suivante, en appelant C le coût, V la valeur du but et p la probabilité d’ atteindre le but:

J’agis lorsque C < V x p.

Si le coût me semble trop élevé en regard du but pondéré par sa probabilité de réalisation, je choisis de faire autre chose. C’est ce que l’on appelle agir rationnellement.

Par exemple, je ne joue pas au loto, parce que même si la valeur du but V (gagner X millions d’euros) est grande à mes yeux, la probabilité p de gagner est tellement faible que j’estime que le coût C (2 euros + le temps passé + le déplacement + divers) est trop élevé. Entre parenthèses, c’est d’autant plus vrai que j’accorde peu de valeur à l’argent gagné par hasard en regard de l’argent gagné par un processus de production. En d’autres termes, je pense que je serais beaucoup plus heureux de gagner un million d’euros par mon travail et mon ingéniosité que cinquante à l’euromillions. Je crois d’ailleurs que c’est le cas de beaucoup de gens, qu’ils le veuillent ou non. Fin de la parenthèse.

Voyons ce qu’il en est du processus électoral:

L.a valeur du but (V) est relativement faible: quel que soit le résultat de l’élection, le changement pour moi ne sera pas phénoménal. C’est surtout valable pour le second tour de l’élection présidentielle. Ce n’est pas comme de gagner ou non au loto.

Pour m’en rendre compte, je peux tenter l’expérience mentale suivante: combien serais-je prêt à payer pour que le candidat de mon choix soit retenu ? Il faut bien voir que je ne sais pas grand-chose, ni du pouvoir réel qu’aura le président, ni de ses intentions, ni des changements futurs de ses intentions, bref, je suis en grande partie dans l’incertitude quant aux conséquences effectives de l’élection de l’un ou de l’autre.

Peut-être serais-je prêt à débourser 10 000 ou 20 000 euros pour choisir le président si c’était possible. Certainement pas plus.

En revanche, pour gagner 50 millions au loto, je serais certainement prêt à en dépenser au moins 49.99, donc une somme infiniment plus importante. Et pourtant je ne joue pas au loto: il me faudrait donc être bien inconséquent pour aller voter !

Voyons maintenant le coût (C): pour le loto, les 2 euros ne représentent qu’une partie du coût. On va dire que j’estime le déplacement, le temps passé, etc, à environ 3 euros. Si j’étais Bill Gates, il faudrait multiplier par 100 000. Je dirai donc pour simplifier que voter me coûte aussi 3 euros (ces chiffres sont fantaisistes bien sûr, ils n’ont qu’une vocation d’illustration). S’il y a une heure de queue, cela peut atteindre 20 euros (en effet, il m’est arrivé de donner 20 euros à quelqu’un dans une queue interminable pour passer devant tout le monde).

Bref, le coût est à peu près le même que dans le cas du loto.

Voyons maintenant le troisième élément de l’équation: la probabilité (p).

On sait que la probabilité de gagner au loto sur un seul tirage est comprise entre 1 sur 10 millions et 1 sur 100 millions suivant les loteries.

Je ne me hasarderai pas à calculer la probabilité que mon vote détermine le choix du candidat, c’est-à-dire la probabilité pour que les deux finalistes soient séparés par une ou zéro voix (hors la mienne), mais je ne crois pas m’aventurer beaucoup en affirmant qu’elle est du même ordre, au mieux, que celle de gagner au loto.

(Les mathématiciens pourraient sans doute nous donner une solution, basée j’imagine sur une loi normale centrée sur le score le plus probable, avec un écart-type raisonnable, etc..)

La conclusion est donc sans appel.

(p) et (C) sont sensiblement du même ordre pour le loto et les élections.

En revanche, (V) est dérisoire dans le cas des élections par rapport au cas du loto.

Donc, de mon point de vue, et si l’on n’a pas d’autre raison de voter que l’espérance de changer le résultat, il est beaucoup moins rationnel de voter au second tour de la présidentielle que de jouer constamment au loto.

Il me reste à répondre à l’objection que tout le monde fait devant mes arguments:

* Si tout le monde pensait comme toi, personne ne voterait. *

Je m’en réjouis. Les hommes de l’Etat seraient sérieusement décrédibilisés.

Cependant, il s’agit là d’un argument sans pertinence aucune: ce que je fais est indépendant de ce que les font les autres: ce n’est pas parce que je ne vote pas que brusquement, plus personne ne va voter. J’explique les raisons pour lesquels JE ne vote pas. Cela n’engage que moi et ne concerne que moi. Mes explications en tant que telles pourraient avoir une influence sur l’attitude de quelques-uns, certes, mais non le fait que je vote ou non.

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Tous libéraux ?

Tf1.fr fait un tour d’horizon des propositions en matière d’impôts des divers candidats à l’élection présidentielle. A vous de trouver qui est « de droite » ou de « gauche », et ensuite à vous de me dire lequel est le plus libéral de tous.

Candidat 1:

– Stabiliser les prélèvements obligatoires à leur niveau actuel (44,4 % du PIB)
– Inscrire dans la Constitution  » l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget de fonctionnement en déficit « .
– Plafonnement des niches fiscales de l’impôt sur le revenu
– Transformer l’ISF en un impôt sur le patrimoine  » à base large, à partir de 750.000 euros, sans niches défiscalisées, sans exemptions mais à un taux léger.  »
– Mettre à l’étude une  » tranche allégée  » de l’impôt sur les sociétés à 18 %.

Candidat 2:

– Plafonnement à 20 % de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les sociétés
– Allègement des droits de succession en ligne directe
– ISF : exonération de la résidence principale
– Réduction de 30 % des subventions de l’Etat aux associations

Candidat 3:

– Stabilisation des prélèvements obligatoires avec un taux plancher de l’impôt sur les sociétés pour empêcher une délocalisation fiscale
– Baisse de l’impôt sur les sociétés pour les PME et les TPE
– Nouveau barème de l’impôt sur le revenu débattu dans le cadre de la loi de finances 2008
– Maintien de l’ISF

Candidat 4:

– Bouclier fiscal à 50 %
– Large exonération des droits de succession
– Quinze milliards d’euros d’allègements fiscaux
– Déduction de l’ISF des sommes investies dans les PME jusqu’à 50.000 euros

Candidat 5:

– Suppression de la TVA sur les produits de première nécessité
– Augmentation du taux de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu
– Majoration du taux de l’ISF et de l’impôt sur les sociétés
– Gratuité des transports en commun en Ile-de-France

Candidat 6:

– Suppression du bouclier fiscal
– Refonte du barème de l’impôt sur le revenu avec remontée du taux marginal à 55 % au lieu de 40 %
– Augmentation de la ISF et de l’impôt sur les sociétés
– Remise en cause de toutes les dérogations fiscales

Candidat 7:

– Réforme du barème de l’impôt sur le revenu, avec dix tranches et une tranche supérieure à 55 %
– Doublement du taux de l’ISF
– Revalorisation de 10 % des salaires des fonctionnaires
– Nationalisation de France Télécom, Air France, LCL, les sociétés autoroutières et EDF-GDF

Candidat 8:

– Augmentation importante et progressive des impôts sur le revenu, au-dessus de la première tranche, y compris les plus-values mobilières et immobilières
– Taxer 50 % des bénéfices
– Supprimer la TVA et les niches fiscales
– Réduire les taxes sur les carburants
– Rétablir les droits de succession au-dessus d’un certain seuil

Candidat 9:

– Baisser la TVA sur les produits de restauration
– Favoriser la transmission ou la reprise des entreprises par une fiscalité avantageuse notamment en supprimant le paiement des droits de succession économiques
– Instaurer une fiscalité incitative pour l’utilisation de matériels et matériaux propres en baissant les taxes et les charges et en agissant sur la baisse de leurs prix

Candidat 10:

– Rompre avec les lois de décentralisation, qui correspondent à un désengagement de l’État et qui, par conséquent, font exploser les impôts locaux.
– Nationalisation des sociétés d’autoroute, d’Airbus, d’Alcatel et des secteurs-clés de l’industrie, retour du monopole d’EDF-GDF

Candidat 11:

– Inscrire dans la Constitution le taux maximal des prélèvements obligatoires à 33% pour faire baisser la dépense publique
– Baisse unilatérale de la TVA sur la restauration
– Améliorer au mérite la rémunération des fonctionnaires

Candidat 12:

– Offrir aux personnes majeures la possibilité d’opter pour une individualisation de leur impôt sur le revenu quelle que soit leur situation familiale
– Calculer la taxe d’habitation sur le revenu des ménages et non plus sur la valeur locative de leur bien. Cette taxe comprendra deux parts, une pour les communes et leurs groupements, la seconde pour les régions
– Instaurer le taux de TVA à 33,3 % sur les produits de luxe et sur les produits dont la nocivité environnementale est avérée. Les véhicules de grosses cylindrées, les quads, les motos non dotées d’un pot d’échappement spécial entreront dans cette catégorie
– Augmenter le taux supérieur de l’impôt sur les sociétés, qui s’applique aux entreprises de plus de 500 salariés, de 2 à 5 points, en fonction du chiffre d’affaire et du résultat net
– Mettre en place des exonérations fiscales pour les entreprises qui investissent dans les énergies renouvelables ou qui réalisent des économies d’énergie.

Pour lire l’article de tf1, rendez-vous ici.

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Toujours les même salades

Dès l’annonce d’un massacre dans une école aux Etats-Unis, il était évident que les médias français allaient s’en donner à coeur joie, sur les thèmes suivants:
– ah mon dieu qu’ils sont violents ces Américains
– pfff si ils laissaient pas trainer des armes à feu partout aussi, quels idiots!
– c’est la faute à Bush qui envoie son armée en Iraq au lieu de la mettre dans les universités!

Je me décide donc à feuilleter (sur le web) Le Monde, et je trouve un édito sur ce nouveau massacre:

La tuerie de l’Université polytechnique de Virginie impose à la société américaine un nouveau face-à-face avec elle-même, sa violence,

Sous-entendu ce massacre n’est que le reflet de la société américaine dans son ensemble, d’une extrême violence…

le fétichisme des armes qui habite une partie de la population,

Ce qui signifie en fait qu’ils refusent d’être désarmés, donc plutôt que d’argumenter il faut les réduire à un état inférieur: ils sont psychologiquement dérangés!

les dérèglements d’une jeunesse soumise à la double tyrannie de l’abondance et de la compétition.

Qu’elle est lyrique cette explication… et puisqu’au passage c’est une attaque contre le libéralisme, pourquoi se priver ? Tout le monde sait que les sociétés les plus violentes sont aussi les plus riches, non ?

Un peu plus loin on a l’attaque contre George W Bush, avec un chouia de mensonges concernant le « commerce des fusils d’assaut » (toujours interdits, ce sont juste les répliques qui sont de nouveau autorisées à la vente), et un passage de pommade pour Bill Clinton:

Aux yeux de M. Bush, la question du commerce des armes aux Etats-Unis n’est pas posée et n’a pas à l’être.

Il n’y a pas lieu de s’en étonner puisque le chef de l’exécutif américain s’appuie sur un parti qui est allé jusqu’à refuser, en 2004, de reconduire la prohibition du commerce des fusils d’assaut, votée par un Congrès à majorité démocrate, en 1994, sous la présidence de Bill Clinton. Ce dernier avait eu le courage d’affronter le lobby des armes à feu, mais il avait dû limiter ses ambitions à deux mesures certes opportunes, mais modestes : l’obligation faite aux armuriers de vérifier que les acheteurs n’aient pas d’antécédents judiciaires et l’interdiction de la vente des fusils d’assaut.

Obligations légales d’ailleurs tout à fait inutiles car les armes à feu peuvent s’acheter illégalement, se voler… mais passons…

Et on continue par une nouvelle attaque contre le droit de porter des armes:

Les armes font partie de l’idéologie américaine à un point tel que les démocrates, pourtant enclins à considérer que le culte de la liberté individuelle doit être équilibré par l’intérêt général, n’abordent ce sujet qu’avec prudence. Lors de la dernière campagne présidentielle, le candidat démocrate, John Kerry, s’est bien gardé de prendre position en faveur d’un encadrement plus sérieux.

Idéologie américaine ou droit constitutionnel ? Le 2nd amendement de la Constution Américaine permet à chaque citoyen de conserver une arme.
Evidemment, quand Le Monde écrit « encadrement sérieux » il faut lire « confiscation des armes », car n’importe quel « encadrement sérieux » aura ses failles, et les 200 millions d’armes en circulation actuellement aux USA finiront toujours par être disponibles pour un futur massacre.

Et l’édito se conclue sur le thème « ces pauvres idiots d’américains simplistes »:

Toutefois, dans un pays où « le droit de posséder et de porter une arme » est inscrit dans la Constitution et où l’on estime à 192 millions le nombre des armes à feu, le problème n’est pas seulement celui d’un groupe d’intérêts particuliers. Après la tragédie, des voix se sont élevées pour déplorer que les professeurs et les étudiants ne soient pas autorisés à s’armer, car l’un d’entre eux aurait pu neutraliser le tueur. Avec de tels raisonnements, l’Amérique n’est pas près de maîtriser sa violence.

Incroyables de stupidité ces Américains: ils pensent que les étudiants ou les profs auraient pu se défendre s’ils avaient eu l’autorisation de porter des armes, alors que tout le monde sait que la réaction appropriée est d’attendre que le tueur fou ait vidé tous ses chargeurs et se suicide (ce qui a été une nouvelle fois la réaction de la police, totalement inefficace, qui a laissé le massacre se perpétrer!). Petit rappel: les écoles et universités sont des « gun free zone »: personne n’y est autorisé à porter une arme, et donc constituent des proies faciles pour un assassin déterminé. Mais ce genre de raisonnement est trop simpliste, alors au lieu d’expliquer pourquoi il serait fallacieux, on le rejette pour… « simplisme ».

J’avais donc à peu près raison dans mes prédictions, sauf sur l’Iraq: il fallait blâmer le libéralisme et pas la guerre en Iraq…

Note: loin de moi l’idée de minimiser l’importance de tels massacres, ils sont évidemment affreux et inquiétants, mais les réactions médiatiques absurdes je n’en peux plus! Ils ne servent pas la compréhension des actes, mais sont des plateformes d’attaques anti-américaines et anti-libérales.