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L’homme libre, Hommage à Pascal Salin

L’HOMME LIBRE

Mélanges en l’honneur de Pascal Salin

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Le très bel hommage à Pascal Salin, publié par les éditions Les belles lettres, est disponible. Je l’ai sous la main et je dois dire que c’est un beau livre, rempli de textes souvent originaux et très intéressants. Par exemple la contribution de notre ami Georges Lane ( http://blog.georgeslane.fr/category/Derniere ).

J’aurai l’occasion d’en reparler mais les témoignages que j’ai lus confirment encore une fois l’impression que j’ai eue lorsque j’ai rencontré Pascal Salin à Strasbourg en 2001, à l’occasion d’une conférence que j’avais organisée avec l’aide de démocratie libérale et du Cercle Hayek. Une puissance intellectuelle hors du commun, qui prend la logique au sérieux et qui s’adresse à la raison des autres, partant du principe que de cette étincelle présente en chacun de nous peut s’allumer un désir de liberté fondé rationnellement. Le respect de la raison et de la liberté de l’autre est une exigence. Celle d’être payé de retour. Cet amour de la liberté et de la raison, avec ses implications morales et son attitude faite d’honnêteté et de confiance, est ce que j’ai perçu chez Pascal Salin et ce qui en fait, plus qu’un scientifique, une personnalité qui rayonne. 

L’exigence de la raison fait aussi naître des inimitiés. Il devient difficile de ne pas mépriser ceux qui nient la rationalité et la liberté d’autrui, car implicitement ils nient aussi la leur, ce qui est la marque de l’homme soumis, le contraire de l’homme libre. Aussi, l’homme libre désire-t-il vivre avec ses pareils. Loin de se replier sur lui-même il désire persuader que l’harmonie réside dans la liberté et non dans le socialisme, toujours créateur d’antagonismes de groupes.

Nous avons besoin de mots, d’arguments, mais nous avons aussi besoin d’hommes pour les porter, de modèles, et Pascal Salin est un modèle, celui du libéral complet, philosophiquement, moralement et scientifiquement. Voilà ce que j’avais envie de dire à l’occasion de ce livre d’hommage.

 

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jury d’agrégation : La leçon de Pascal Salin

En exclusivité pour le Québécois libre, Pascal Salin revient sur une polémique scandaleuse.  

 

UN CAS EXEMPLAIRE DE TERRORISME INTELLECTUEL: L’OFFENSIVE CONTRE UN JURY DE L’AGRÉGATION DE SCIENCES ÉCONOMIQUES

 

par Pascal Salin

 

          Une stupéfiante tempête d’accusations s’est déchaînée dans les milieux universitaires et dans les médias au début de l’année 2004 contre le jury de l’agrégation de sciences économiques que j’avais alors l’honneur de présider. À cette époque, nous avons estimé de manière unanime, les membres du jury et moi-même, qu’il ne convenait pas d’entrer dans cette polémique, d’une part pour ne pas troubler davantage la nécessaire sérénité du concours, déjà mise à mal aux dépens des candidats qui se présentaient alors devant nous, d’autre part et surtout parce qu’un jury légitimement et légalement constitué n’a pas plus à se justifier et à se défendre que le président de tribunal qui serait confronté à des vociférations émanant du public d’une audience. Mais nous nous sentons maintenant libres d’exprimer notre opinion à l’égard de ces événements.

lire la suite : http://www.quebecoislibre.org/06/061210-3.htm

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Bon anniversaire, l’aleps.

 

L' »association pour la liberté économique et le progrès social » a été fondée le 10 décembre 1966 sur la suggestion d’un industriel parisien, M. André Arnoux.

L’objet de l’association est:

« – d’étudier l’ensemble des conditions qui permettent aux sociétés humaines de vivre dans la liberté et de progresser de manière continue au profit de tous.
– d’affirmer et de diffuser dans l’opinion les principes et les idées d’un libéralisme actuel et d’avenir.
– de créer et de gérer des prix, bourses d’étude et de voyage, fondations et oeuvres diverses, et plus généralement tout ce que le Conseil d’Administration décidera. »
(d’après les statuts parus au Journal Officiel du 10 décembre 1966).
L’alinéa trois ci-dessus explique que le Conseil d’administration de l’aleps se soit fixé pour but, par la suite, de promouvoir l’idée de la liberté économique, moteur du progrès social, son support étant le développement des droits de propriété, de la responsabilité et des libertés contractuelles nourrissant les processus de marché.

L’Aleps – dont le siège est 35 avenue Mac Mahon, 75017 Paris – est une association créée ainsi afin de soutenir l’économie libérale dans le milieu intellectuel et universitaire français, l’intention d’un des fondateurs, André Arnoux, étant d’encourager les recherches théoriques et pratiques dans cette direction ainsi que l’information du public en cette matière.

L’Aleps a eu pour fondateur un groupe d’intellectuels (notamment Jacques Rueff, Daniel Villey [premier président et président du premier jury du « Grand Prix André Arnoux »], Luc Bourcier de Carbon, deuxième président), de chefs d’entreprises (au nombre desquels André Arnoux et Pierre de Calan) et de journalistes (MM. Lapeyronnie et Hamelet) :

«Quand elle a été fondée, on pouvait compter les économistes libéraux sur les doigts d’une seule main. Jacques Rueff, Gaston Leduc, Daniel Villey, Louis Rougier et Luc Bourcier de Carbon, étaient les seuls à faire front à la vague marxiste, les seuls à appartenir au réseau des intellectuels libéraux fondé par Hayek, la Société du Mont-Pèlerin.
Aujourd’hui les choses ont évolué dans un sens plus favorable, et il existe des équipes libérales plus fournies.
Mais elles n’ont toujours droit à aucune reconnaissance scientifique et universitaire dans les milieux français
» (Jacques Garello, La Nouvelle Lettre, 6 avril 2002, n°705).
L’Aleps s’est fait connaître par deux grandes manifestations annuelles : le « Grand Prix André Arnoux » à partir de 1967 et, à partir de 1968, la « Semaine de la Pensée Libérale ».

Aujourd’hui, l’Aleps réunit certes des universitaires, des hommes politiques, des responsables d’entreprises, des étudiants, mais surtout des gens épris des idées de liberté et de responsabilité. Présidée actuellement par Jacques Garello, elle est ouverte à qui veut en être membre et n’exige aucun parrainage. A ce titre, elle est aussi la libre entreprise et le libre échange au service des hommes comme en témoignent les colloques qu’elle organise.
Chaque année, en général en mars, l’Aleps convoque ses membres en Assemblée générale pour statuer sur les activités menées la dernière année et sur les activités à mener l’année à venir (rapport moral du président et rapport financier du trésorier). La réunion est l’occasion de remettre le « Grand Prix du Livre Libéral » au lauréat (cf. ci-dessous).  
Autre habitude annuelle, l’Aleps propose à ses membres de venir à Aix en Provence, fin août – début septembre pour l' »Université d’Eté de la Nouvelle Economie » (cf. ci-dessous).

 

I. Une tradition intellectuelle

Dès l’origine, l’Aleps s’est inscrite dans la tradition intellectuelle française de Jean-Baptiste Say et de Frédéric Bastiat.

Ses dirigeants ont entrepris de rendre son ancien prestige au mot « libéral » et d’encourager tous les efforts tendant à donner aux conceptions libérales de toujours une formulation et un contenu qui répondent mieux aux exigences de l’ère du temps.

L’Aleps s’est donc signalée à l’opinion publique par l’organisation de deux grandes manifestations annuelles : d’abord le « Grand Prix André Arnoux » à partir de 1967 puis, étant donné le succès du « Prix » auprès de l’opinion publique, à partir de 1968, la « Semaine de la Pensée Libérale ».

 

I.1. Le « Grand Prix André Arnoux ».

Monsieur André Arnoux, chef d’entreprise (Société Chauvin-Arnoux) et écrivain, avait confié à l’association qu’il créait avec ses amis le soin de gérer un prix littéraire annuel de 10 000 francs (de l’ordre de 15 000 euros d’aujourd’hui).  Le « prix » était destiné à distinguer un ouvrage mettant en relief le rôle de la liberté économique comme facteur du progrès social et de la promotion de l’homme.  L’intention du fondateur était d’encourager les recherches théoriques et pratiques dans cette direction, ainsi que l’information du public en cette matière.
Les cinq membres du jury étaient élus par le conseil d’administration de l’aleps et devaient choisir le lauréat. Par exemple, le « Grand prix André Arnoux » de l’année 1967 alla à Jacques Rueff,et celui de l’année 1968 à Maurice Allais, Prix Nobel de science économique, vingt ans plus tard, en 1988.

Le « Prix » réunissait une assistance autour de 300 personnes.

Après le décès d’André Arnoux en 1971, le « Prix » fut entretenu par Daniel et Denyse Arnoux jusqu’en 1974, année où il fut décerné à Bertrand de Jouvenel.

 

I.2. La « Semaine de la Pensée Libérale ».

L’Aleps a organisé la « Semaine de la Pensée Libérale » comme contre poids à la « semaine de la pensée marxiste » lancée par Roger Garaudy, pour démystifier autant que possible l’opinion, la débarrasser de croyances néfastes et gratuites.

La « 1ère Semaine de la Pensée Libérale » a surgi dans cette époque de transition que fut l’année 1968 et qui menaçait les valeurs individuelles par à la fois une recherche d’égalité destructrice des élites et un renforcement des groupes qui absorbent les individus. Elle se déroula du 14 au 20 novembre 1968, à la Salle des congrès de la Maison de la Chimie, à Paris.
Présidé par M. Bourcier de Carbon, président en exercice de l’aleps, le premier jour eut pour thème « La soif de liberté du monde moderne ».  Se suivirent les conférences du président et de Claude Bruaire, de Michel Drancourt et de Michel Crozier.  «Les pouvoirs de décision dans l’ordre libéral » fut le thème du deuxième jour.  Après un discours de Jacques Rueff, président de la journée, intitulé «les pouvoirs de décision dans l’ordre libéral», se succédèrent MM. William François, Marcel Martin et André Aumonier.  Troisième journée : « De la centralisation à la pluralité des centres de décision », sous la présidence de Gaston Leduc, Maurice Allais traita de « La signification économique et sociale de l’économie de marché », puis Léon Gingembre et Pierre de Calan.  Président de la quatrième journée : Maurice Allais pour le thème de « La révolution économique des pays collectivistes » avec des exposés de MM. Jean Marczewsky, Bazil Kerblay, le Colonel Garder et Albert Garand.  La dernière journée eut pour thème «pour un ordre libéral » et pour président Maurice Roy.  Intervinrent MM. Gaston Leduc, René Poirier, Hyacinthe Dubreuil.  Sans oublier le discours de clôture de Luc Bourcier de Carbon.

Pendant toute la durée de la semaine, la grande presse parisienne donna de larges comptes-rendus des conférences (Le Figaro, Le Monde, L’Aurore, le Parisien Libéré, Combat, le Nouveau Journal).  L’A.F.P. difusa, chaque jour, des dépêches très importantes et reproduites par la presse de province et la presse étrangère.

L’assistance varia de 96 à 250 personnes selon les soirées.  Bien qu’ils fussent rarement venus en témoigner par leur présence, les chefs d’entreprises déclarèrent qu’ils étaient très intéressés par la manifestation.  73 personnes privées ou entreprises envoyèrent d’ailleurs une contribution financière.  Le public, essentiellement jeune, était composé d’étudiants et de lecteurs de la presse parisienne.  L’intérêt fut tel que plusieurs demandes de renseignements par téléphone bloquèrent celui-ci un temps.

La « 2ème  Semaine de la Pensée Libérale » eut lieu du 20 au 24 octobre 1969 sur le thème « Les rapports de l’Etat, de l’individu et de la Société, selon la pensée libérale ». Son but a été d’affirmer publiquement la vitalité de la pensée libérale et son actualité, à une époque où tant d’hommes d’action, tant d’intellectuels et tant de jeunes cherchent les moyens de concilier et de promouvoir dans la théorie et dans la pratique, l’efficacité économique, la justice et les libertés individuelles.
La première journée porta sur « L’Economie de marché et la condition ouvrière » : s’y exprimèrent Louis Devaux, Michel Lelart, Claude Harmel, Hubert Jam.  Deuxième journée : « Les catholiques et le libéralisme économique » sur quoi planchèrent Pierre de Calan, Albert Garand, Henri Guitton et André Aumonier. Troisième journée : « Pour une Europe libérale : une politique industrielle » avec Guido Colonna Di Paliano, Robert Marjolin et Emil Maria Claassen. Quatrième journée : « Liberté et rigueur dans la vie professionnelle » avec Sylvain Floirat, Luc Bourcier de Carbon, le docteur Bernard C. Savy, Pierre Lhermitte, et Albert Brunois. Enfin cinquième journée : « Les conditions actuelles de la croissance économique » avec Gaston Leduc, André Bénard, Claude Charmont, Maurice Allais, Hyacinthe Dubreuil et un discours de clôture prononcé par Luc Bourcier de Carbon.

Comme l’année précédente, public et presse furent au rendez-vous.

Puis il y eut la « 3ème Semaine de la Pensée Libérale » en novembre 1970 sur « Le libéralisme, sortie de secours du socialisme », la « 4ème » du 4 au 8 décembre 1971 sur « L’efficacité sociale du libéralisme », la « 5ème » les 2-6-9 décembre 1972 sur « Les réponses libérales aux problèmes actuels », la « 6ème » – du 26 au 29 novembre 1973 – ouverte et clôturée par Jacques Rueff – porta sur « Notre libéralisme, un projet de société », la « 7ème » sur l’inflation en 1974, etc.

 

 

 

II. Des activités

La tradition intellectuelle française de Jean Baptiste Say et Frédéric Bastiat présente l’originalité de rejoindre les développements scientifiques de ces trente dernières années, en particulier l’oeuvre de Friedrich von Hayek, prix Nobel de science économique 1974, que l’Aleps a traduite et divulguée en France.

Aujourd’hui, l’Aleps est le point de liaison entre les libéraux français et la communauté intellectuelle mondiale.
En contact permanent avec les grands instituts de recherche à l’étranger, l’Aleps a, par exemple, publié au début de la décennie 1990 un Manifeste de l’Europe pour les Européens signé par 600 universitaires de 28 pays.

 

II.1. Le site Internet « Libres.org »

Le site Internet Libres.org a été mis en ligne le 5 août 1999. Il propose un commentaire quotidien de l’actualité économique et sociale. Il est surtout un outil de travail pour les étudiants et les spécialistes en sciences humaines (on peut y trouver un abécédaire avec 500 mots, cent dossiers documentés accessibles à un large public). Il fournit un commentaire des livres de la semaine et propose des archives sur cinq années.

Le nombre moyen de visiteurs par jour est de l’ordre de 2500.

 

II.2. « La Nouvelle Lettre« .

La Nouvelle Lettre est un hebdomadaire de 8 pages paraissant sans discontinuer depuis 1981. Son numéro 1 a vu le jour entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1981 et est à dans quelques jours sera atteint le numéro 900 ! Elle tire à 1200 exemplaires.

L’éditorial est écrit par Jacques Garello, en rupture avec la pensée unique. La Nouvelle Lettre comprend aussi la chronique de conjoncture, l’actualité qui nous fait réfléchir et un compte rendu de grands événements ou manifestations dans le sens de la liberté économique.

Nouveaux abonnements de janvier à septembre 2006 :+ 183 nouveaux abonnés.

 

II.3. « Le libre journal des économistes »

Tous les quatre mercredi, depuis novembre 1993, « Radio Courtoisie » offre à Jacques Garello et aux trois ou quatre autres personnes qu’il convie, une rubrique mensuelle intitulée « Le libre Journal des économistes ».

Le but de l’émission est d’ouvrir quelques dossiers de fond sur la société française, en particulier dans le domaine économique – sans exclure d’autres thèmes. En même temps, l’actualité politique, sociale et économique est observée à travers le même filtre libéral qui inspire La Nouvelle Lettre.

Le « Libre Journal » dure une heure et demie. Il est en direct de 12 heures à 13 heures 30 et les auditeurs peuvent poser des questions par téléphone. Une rediffusion – en différé – a lieu de 16 heures à 17 heures 30 et une autre de minuit à 1 heure 30.

Les fréquences de « Radio Courtoisie » sont : Paris 95,6 MHz, Caen 100,6MHz, Chartres 104,5MHz, Cherbourg 87,8MHz, Le Havre 101,1MHz et Le Mans 98,8MHz. « Radio Courtoisie » peut aussi être écouté via internet sur radiocourtoisie.com

Pour se tenir au courant des émissions passées ou de la prochaine, il suffit d’aller sur le site internet radio-courtoisie.over-blog

 

II.4. « Liberté économique et progrès social« .

Liberté économique et progrès social est le bulletin trimestriel d’information et de liaison des libéraux. Son tirage est de 1000 exemplaires.

Il comporte des articles de fond sur les problèmes économiques et sociaux avec les signatures régulières de Florin Aftalion, Fred Aftalion, Axel Arnoux, Antoine Cassan, Victoria Curzon Price, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Henri Lepage, Robert Lozada, Philippe Nemo, Pascal Salin, etc. Autre rubrique : « Bonnes feuilles » reprend les meilleurs extraits de livre.  Ambroise Cousin passe en revue les ouvrages récemment publiés dans une rubrique intitulée « Lire libéral ».  Le bulletin donne enfin le compte-rendu des rencontres et manifestations organisées par l’Aleps.

Par exemple, pour l’année 2006, les articles de fond traités ont été les suivants :

N°114 – janvier –
Georges Lane, « La privatisation de la sécurité sociale » ;
Yvan Blot, « Hayek et la démocratie » ;
Jacques Garello, « Faut-il brûler l’Etat Providence ».

N°115 – avril –
Jacques Garello, « Le développement et le commerce international » ;
Xavier Fontanet, « Le progrès de tous les peuples passent par la relocalisation des activités humaines »;
Fred Aftalion, « Une gageure : exprimer des idées claires avec des mots obscurs ».

N°116 – juillet –
Axel Arnoux, « Le salaire complet » ;
Georges Lane, « Lettre ouverte à une certaine presse de France » ;
Pascal Salin, « Le programme socialiste : des illusions destructrices ».

N°117 – octobre –
Vaclav Klaus, « Eurosceptisme et européisme » ;
Bertrand Lemennicier, « Manifestations et violence du monde étudiant » ;
Fred Aftalion, « Cette chère démocratie » ;
Pascal Salin, « Les droits de succession sont un impôt inique ».

 

II.5. Des colloques

Chaque année, l’Aleps organise, seule ou en collaboration, des colloques permettant de donner différents éclairages à des problèmes de la société française.  
Par exemple, avec les parlementaires « Réformateurs », elle a organisé en 2003 un colloque sur le thème « Urgence des réformes et tyrannie du statu quo« . En 2005, avec « Contribuables Associés » et l' »IREF », le colloque a porté sur « La ‘flat tax’ : avenir de la fiscalité européenne ? ».

Bref, depuis l’origine, il n’est pas excessif de dire que l’Aleps a organisé plus de 300 colloques.

 

L' »Université d’Eté de la Nouvelle Economie ».

Parmi eux, depuis 1978, il convient de noter l’organisation annuelle, à Aix en Provence, fin août-début septembre, de l' »Université d’Eté de la Nouvelle Economie« . L’Université réunit les « Nouveaux Economistes », des économistes de tous les pays, des entrepreneurs (de petite, moyenne ou grande entreprise), parfois des politiques et des journalistes, et surtout des gens intéressés par la pensée libérale appliquée à tous les domaines. Conférences plénières et débats au choix des auditeurs alternent sur plusieurs jours. Les auditeurs sont en contact direct avec les intervenants soit pendant les séances, soit entre les séances et peuvent ainsi avoir différents types de dialogues avec eux.

L’Université a toujours un thème précis et le fait est que le thème n’a jamais été le même jusqu’à présent.  Pour rappel, voici les thèmes abordés lors de ces Universités d’été depuis l’origine:
 

1978: La démarche scientifique en Economie.

1979: Les défis de la Nouvelle Economie Internationale.
1980: L’Economie des Institutions.

1981: La décroissance de l’Etat.
1982: L’humanisme marchand.
1983: Droits de propriété et propriété privée.
1984: Communautés et individu dans une Société Libre.
1985: Le marché peut-il tout régler ?

1986: Stratégie pour une réduction de l’Etat.
1987: Le libéralisme à la Française
1988: La révolution à refaire.
1989: Le libéralisme à l’Européenne.

1990: Europe de l’Est, Europe de l’Ouest : Europe des libertés ?

1991: Justice sociale et économie de marché
1992: L’écologie de marché
1993: Ethique et économie
1994: Réflexion économique et action politique
1995: Sécurité Sociale et jutice sociale

1996: Education, famille, Etat
1997: Liberté des actes, dignité des personnes
1998: Patrimoine, épargne, emploi
1999: Hayek et la route de la liberté
2000: Société et subsidiarité

2001: Frédéric Bastiat
2002: Rétrospective et prospective de la liberté
2003: Les vraies perspectives de la concurrence
2004: Elargissement de l’Europe et esprit d’entreprise
2005: Tocqueville, la société civile et la démocratie

2006: L’Europe: harmonisation ou concurrence 

L’Université de 2006, par exemple, a rassemblé 42 conférenciers de 13 nationalités différentes, et 244 participants dont une centaine de jeunes chercheurs de 20 nationalités différentes.      

L’Université est ouverte à qui désire y assister, sans discrimination d’âges ou de talents. Une somme forfaitaire, peu élevée, est seulement demandée comme prix d’entrée. Bien évidemment, l' »Université d’Eté de la Nouvelle Economie » n’a rien à voir, ni dans l’esprit, ni dans la forme, avec les « Rencontres économiques d’Aix en Provence » que, depuis seulement 2001, le « Cercle des économistes » a choisi d’organiser en cette ville merveilleuse, en juillet, avec force tapage médiatique (entre autres, de Radio Classique ou de Radio BFM). De toute évidence et en tout état de cause, l’éventuelle confusion doit être prévenue.

 

II.6. Autres publications

A côté des périodiques hebdomadaire et trimestriel, l’Aleps propose des publications variées. Il peut s’agir de traductions et éditions de grands auteurs du XIXè et du XXè siècles : Bastiat, Say, Mises, Hayek, Friedman.

« Arguments libéraux » est une série de brèves monographies (« La vérité sur l’Europe », « Le contrat social », « Avant l’explosion », « Economie et communication », « L’économie en question », « La vérité sur l’assurance »).

La Xè Université d’Eté (1987) a été l’occasion de la publication d’un livre d’essais monté par Henri Lepage et Serge Schweitzer et intitulé De l’ancienne à la nouvelle économie – Librairie de l’Université (1987, Aix en Provence, France) -. Vingt quatre auteurs de pays différents y ont contribué pour rendre hommage à Jacques Garello, l’organisateur.

La XXè Université d’Eté (1997) a été l’occasion d’une publication, nouvel hommage à Jacques Garello, l’instigateur impénitent d’icelles.  K.R. Leube, A.M. Petroni, et J.S. Sadowsky se sont chargés du montage de l’ouvrage qui regroupe vingt neuf contributions d’auteurs, là encore de divers pays : cf. Leube, K.R., Petroni, A.M. et Sadowsky, J.S. (eds.) (1997), Un autrichien en France (Essais rédigés en l’honneur de Jacques Garello), La Rosa Editrice, Turin, Italie.

La XXIVème (2001) dont le thème était le bicentenaire de la naissance de Frédéric Bastiat, a donné lieu à un livre de Jacques Garello, intitulé Aimez-vous Bastiat (éditions Romillat, Paris), qui a repris toutes les interventions des orateurs.

Les Actes de la XXVIIIè Université d’Eté (2005) dont le thème était le bicentenaire de la naissance de Alexis de Tocqueville, sous l’intitulé  » Tocqueville, la société civile et la démocratie », ont été publiés sous le titre Le retour de la Société civile (Pour une démocratie de responsables) par la Librairie de l’Université (Aix en Provence, France).

Les publications tiennent aussi dans des comptes-rendus de colloques ou dans des travaux effectués par des groupes de recherche qui ont débouché sur des livres.

En cette période d’élection présidentielle proche, on rappellera par exemple : Programme pour un Président (1988), Programme pour un Parlement (1993)

 

La XXIXè Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2006) a été l’occasion pour l’Aleps et un certain nombre d’associations et d’instituts partenaires, tels que « Contribuables Associés« , l' »IFRAP« , « Liberté Chérie« , et l' »Institut Euro 92« , de présenter une première version du Guide du candidat.

Un mot sur le Guide
L’idée du livre est de donner à la campagne électorale des prochaines élections présidentielles une dimension et une tenue qui ont souvent manqué par le passé, afin que les vrais problèmes de la société française soient réellement abordés et que des voies nouvelles soient enfin explorées.

Voici le texte introductif du Guide, dans la version présentée au cours de l’Université d’Eté.
« Un guide est indispensable pour orienter le voyageur vers les meilleurs sites ou les meilleures tables. Un bon guide est bâti sur l’expérience vécue, et sur des critères de qualité conformes aux goûts du voyageur. Nous allons être invités à un long et périlleux voyage électoral.
a) Guide du candidat : destiné aux électeurs, pour les accompagner dans leur périple.
Certains n’ont pas besoin de guide : leurs préférences sont d’ores et déjà arrêtées, ils descendent toujours dans les mêmes endroits, ils votent toujours de la même façon : pour la droite, ou la gauche et plus souvent encore contre la gauche, ou contre la droite. Ils acceptent d’avance d’être déçus, mais se disent que les autres feraient pire encore. D’autres, plus nombreux encore, décideront de rester chez eux : les joutes électorales ne les concernent plus, ils sont sûrs que leur vote ne changerait rien. Pas besoin de guide non plus.
Restent des millions de Français qui s’interrogeront sur la qualité des programmes et des hommes présentés à leurs suffrages. La campagne les éclairera-t-elle réellement ? La publicité électorale va les submerger, les discours ne seront pas toujours lisibles, les querelles de personnes et de partis occulteront souvent le débat d’idées, et au dernier moment on s’arrêtera à un choix hasardeux. Ce guide pourrait les éclairer.
Il pourrait même les stimuler. S’ils pensent que leur vote peut réellement faire basculer la majorité d’un côté ou de l’autre, ils voudront faire leur choix en toute connaissance de cause. Aujourd’hui les résultats des consultations à venir sont incertains, et il suffit de quelque 500.000 voix (soit 1,5% des inscrits) pour changer l’issue du scrutin. Plus conscients de leurs responsabilités et de leurs possibilités que d’autres électeurs, résignés ou révoltés, ils vont sans doute se donner le temps de la réflexion, ils ont besoin d’informations et de repères.
  b) Guide du candidat : destiné aussi aux hommes politiques, pour qu’ils ne se trompent pas d’adresse.
La plupart des hommes politiques n’ont pas besoin de guide, parce qu’ils ont d’ores et déjà un guide. Ils ont choisi de se ranger derrière un leader, un mot qui sonne mieux qu’un duce ou un führer, mais qui dit la même chose : le sauveur providentiel, l’homme à qui on s’en remet aveuglément. Le guide n’a pas besoin de guide, il a besoin de soutien. De plus, l’idée d’un guide à usage des électeurs est irritante pour les futurs élus, car ils veulent aller où ils veulent, sans engagement concret ni précis, si ce n’est sur quelques détails mineurs destinés à attirer le chaland. Depuis quelques décennies, le  » dogmatisme  » n’a pas bonne presse chez nos hommes politiques, qui ne croient plus aux grands principes et sont prêts à changer d’idées au fil des évènements. Au prétexte de ne pas sombrer dans l’idéologie, ils rejettent toute doctrine et prônent l’empirisme. Cette attitude confortable revient à se faire remettre un chèque en blanc par les électeurs, condamnés à faire crédit à des dirigeants qui feront  » de leur mieux  » – absolvant d’avance les erreurs et les incohérences. Il existe pourtant quelques hommes politiques, anciens ou nouveaux, qui se rendent compte que la politique du chien crevé au fil de l’eau met la France en situation de faillite économique, de chaos social et de ruine morale. Victimes du verrouillage partisan qui leur a interdit jusqu’ici toute initiative originale, ils ont gardé assez d’indépendance d’esprit et sont restés assez proches de la  » France d’en bas  » pour rechercher une voie nouvelle. Un guide, construit à partir de principes simples, et soucieux des réalités, peut leur être d’une aide précieuse. Il les change de la pensée unique et de la langue de bois qu’ils subissent.

.La plupart des hommes politiques n’ont pas besoin de guide, parce qu’ils ont d’ores et déjà un guide. Ils ont choisi de se ranger derrière un leader, un mot qui sonne mieux qu’un duce ou un führer, mais qui dit la même chose : le sauveur providentiel, l’homme à qui on s’en remet aveuglément. Le guide n’a pas besoin de guide, il a besoin de soutien. De plus, l’idée d’un guide à usage des électeurs est irritante pour les futurs élus, car ils veulent aller où ils veulent, sans engagement concret ni précis, si ce n’est sur quelques détails mineurs destinés à attirer le chaland. Depuis quelques décennies, le  » dogmatisme  » n’a pas bonne presse chez nos hommes politiques, qui ne croient plus aux grands principes et sont prêts à changer d’idées au fil des évènements. Au prétexte de ne pas sombrer dans l’idéologie, ils rejettent toute doctrine et prônent l’empirisme. Cette attitude confortable revient à se faire remettre un chèque en blanc par les électeurs, condamnés à faire crédit à des dirigeants qui feront  » de leur mieux  » – absolvant d’avance les erreurs et les incohérences. Il existe pourtant quelques hommes politiques, anciens ou nouveaux, qui se rendent compte que la politique du chien crevé au fil de l’eau met la France en situation de faillite économique, de chaos social et de ruine morale. Victimes du verrouillage partisan qui leur a interdit jusqu’ici toute initiative originale, ils ont gardé assez d’indépendance d’esprit et sont restés assez proches de la  » France d’en bas  » pour rechercher une voie nouvelle. Un guide, construit à partir de principes simples, et soucieux des réalités, peut leur être d’une aide précieuse. Il les change de la pensée unique et de la langue de bois qu’ils subissent.
c) Un guide est fait par le consommateur, pas par le producteur.
La qualité d’un guide se mesure à la façon dont sont repérés et notés les établissements en concurrence, les monuments et les musées à visiter. Un guide ne se confond pas avec une publicité ou une propagande dirigée par ceux qui se présentent au choix du voyageur. Celui-ci ne manque pas à la règle, il a été conçu et rédigé par des consommateurs (électeurs) et non par quelque producteur (candidat ou parti) que ce soit. Les auteurs de ce guide vous assurent de leur indépendance et de leur expérience.
Indépendance.
Ce guide ne doit rien à la  » société politique « . Il est même à beaucoup d’égards « politiquement incorrect » – ce qui le condamnera d’emblée aux yeux des partisans, militants et fanatiques de toutes sortes. Il s’adresse aux hommes et femmes de bonne volonté. Il est pure émanation de la société civile, pur produit d’échanges entre personnalités et associations libres de toute attache partisane – ce qui est en réalité la situation de deux Français sur trois au moins. Il ne s’agit pas d’une « majorité silencieuse » de façade, mais d’une minorité de gens ignorés volontairement des médias et qui ont pourtant quelque chose à dire. Beaucoup d’entre vous se retrouveront d’ailleurs facilement dans les choix présentés, car ils sont ceux que vous rencontrez dans le cadre de votre vécu quotidien.
Expérience.
Les auteurs de ce guide l’ont acquise pour les uns dans l’entreprise et la vie économique, pour les autres dans les sciences de l’homme et la vie intellectuelle. Pour les uns et les autres, la perspective internationale a été déterminante dans leur réflexion : qu’ont fait et que font  » les autres  » ? Quelles leçons tirer des recherches scientifiques et des politiques menées dans le monde entier ? La myopie de nos dirigeants vient du mythe de  » l’exception française « , qui leur interdit toute référence à la sagesse universelle et toute considération pour les lois intemporelles de l’économie et de la vie en société. C’est aux portes immédiates de la France que se trouvent les bonnes solutions. Encore faut-il entre bailler la porte.
Par contraste, sont disqualifiés nos technocrates, qui ne connaissent que ce qu’ils ont mis un demi-siècle à bâtir : cet enchevêtrement de réglementations, d’organismes publics, de privilèges, de protections, d’interventions, de prélèvements, et cette masse de déficits, de dettes et de gaspillages. Ils passent hélas pour des  » experts « , conseillers avisés des aristocrates qui nous gouvernent, puisqu’ils sont les seuls à pouvoir guider les Français dans le labyrinthe qu’ils ont savamment construit. Leur fil d’Ariane, c’est l’Etat. Or, dans le monde entier il apparaît aujourd’hui que l’Etat n’est pas la solution, mais que l’Etat est le problème.
Ce guide ne doit rien aux technocrates, ni aux aristocrates. Il est  » démocrate « , fait pour le peuple, pour donner un sens à une campagne et à un scrutin qui conditionnent sans doute votre sort individuel et notre avenir national. »  [Le Guide est disponible sur http://www.guideducandidat.org/.]

 

II.7. Le « Grand Prix du Livre Libéral ».

D’un montant de 1500 euros, le « Grand Prix du Livre Libéral » est décerné chaque année depuis 1997, par un jury, à un écrivain dont un ou le livre, paru la dernière année, fait honneur au développement de la pensée libérale. Le président actuel du jury est Pascal Salin.  Les lauréats deviennent membres du jury.

Le « Grand Prix du Livre Libéral » 2006 a été décerné à Nicolas Lecaussin pour son livre Cet Etat qui tue la France (Plon).
Innovation de l’année, un « Prix de la Chronique Economique » a été créé : c’est Ivan Rioufol qui l’a obtenu pour ses Chroniques de résistance (éditions du Rocher).

Depuis la création du « Prix », les lauréats ont été: Philippe Manière, Pascal Salin, Patrick Simon, Jean François Revel, Christian Julienne, Philippe Nemo, Philippe Simonnot, Michel Brulé et Michel Drancourt, Guy Millière.

 

Bon 40ème anniversaire à l’aleps.

Et longue vie.
  

 

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L’interdiction du choix

J’ouvre 20 Minutes ce soir et j’apprends qu’un grand « testing » « prouve le rejet des quinqus et des candidats d’origine maghrébine« . Voilà la méthode employée: pendant un an, l’Observatoire des discriminations (en France on pas de pétrole mais on a des administrations…) a envoyé des CVs en réponse à des offres d’emplois. 6 profils types étaient proposés: l’homme blanc 28-30 ans (le coupable idéal, CV sans photo), un homme laid (CV avec photo), une femme avec trois enfants, un handicapé, un candidat « maghrébin » (patronyme) et un candidat « âgé » (en France ça veut dire 50 ans!).

Les résultats: sur un taux de réponse base 100 pour le petit blanc, le moche a eu 71%, la femme 63%, l’handicapé 54%, l’arabe 36%, et le vieux 32%.
Bref si l’on est un vieil arabe handicapé, on aura du mal à décrocher un entretien. L’article se termine par une citation de l’auteur du « testing »: 10% de nos envois pourraient déboucher sur une plainte.
Ce ne sont pas là des paroles en l’air: chefs d’entreprise, il est désormais interdit de choisir vos employés. Vous devrez vérifier que vous renvoyez bien le même nombre de maghrébins en entretien que de petits blancs ou de « vieux ».

Prochaine étape: que toute entreprise reflète la « diversité ». Jamais aucun quota ne sera appliqué, tout se passera en douceur, via des pressions médiatiques, des menaces juridiques, des « Observatoires », la « HALDE », et les associations « antiracistes ». Et ensuite les braves hommes politiques pourront se gloser de l’action de l’Etat. En espérant qu’un jour on applique ces quotas non officiels à l’équipe de France de football, comme le suggérait récemment George Frêche.

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Le Cerc se rappelle à nous.

 

La France est le pays des fromages, mais il y a fromages et fromages.

Il y a ceux dont les Commissaires de la Commission de Bruxelles cherchent à interdire la production ou l’échange pour des raisons relevant soi-disant de l’hygiène et de la sécurité alimentaire, interdiction contre quoi s’était élevé il y a quelques années, Charles, le Prince de Galles.

Et puis il y a ceux que les gens du gouvernement de l’Etat de France ou d’une autre dépendance de celui-ci crée périodiquement et stipendie.  Le Cerc fait partie de cette seconde catégorie.

 

Le Centre des revenus et des coûts (CERC) a une longue histoire trouble et troublée. 
Créé par un décret du 18 avril 1966, il avait été placé auprès du Commissariat Général du Plan.  Il avait reçu mission de rassembler et de mettre à la disposition du gouvernement et de tous les partenaires de la vie économique et sociale les éléments d’information nécessaires, d’une part à la mise en œuvre d’une politique des revenus, d’autre part à une connaissance des coûts qui puisse éclairer la position de l’économie française vis-à-vis des économies environnantes.

Son premier type de publication, intitulé les « Documents du CERC », était préparé par le Rapporteur général et les Rapporteurs adjoints, assistés d’une équipe permanente de collaborateurs et, le cas échéant, d’experts extérieurs au Centre.

Mais comme Paul Bacon, son Président, l’écrivait en 1969 à l’occasion de l’avant-propos d’une étude sur « Surplus de productivité globale et comptes de surplus » – sacrées expressions libérales … -, la « publication n’était qu’une étape dans un processus dynamique de réflexion et d’action. […] [devait] être l’occasion d’un dialogue fructueux de l’équipe animatrice du Centre avec tous les partenaires économiques et sociaux ».

Je rappelle en quelques mots la suite. 
Devenue une des antres de la pensée socialo-communiste financée sur fonds publics ou, pour s’exprimer plus diplomatiquement, « ne disposant pas de l’indépendance souhaitée du fait de l’appartenance politique de certains de ses membres », Edouard Balladur, Premier Ministre en exercice, décida de la supprimer en 1993.  Vraisemblablement, M. Balladur avait en travers de la gorge, en particulier, une étude du CERC de fin 1989 où il était avancé, soi-disant chiffres à l’appui, que les grands bénéficiaires des années 1980-88 étaient les possesseurs de revenus du capital et certains agriculteurs, tandis que les deux populations les plus touchées par l’accroissement des inégalités étaient les jeunes et certaines catégories de salariés.  En particulier, pour la première fois depuis la guerre, les chiffres faisaient apparaître que la masse totale des salaires perçus avait baissé, et le salaire net moyen par salarié avait perdu 2% de son pouvoir d’achat entre 1982 et 1988.

Bien évidemment, levée de bouclier des concernés – et de leurs officines – contre la décision.  A les entendre, l’instance éclairait les pouvoirs publics, notamment sur l’évolution des inégalités en France et, pour cette raison, aurait du perdurer !

Qu’à cela ne tienne, en octobre 1999, le prétendu libéral – par la caste médiatique – Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l’économie et des finances dans le gouvernement Jospin, restaure la bureaucratie sous l’intitulé « Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale », mais avec le même acronyme « CERC ».  Sa mission : « contribuer à la connaissance de l’ensemble des revenus, de l’emploi et des inégalités sociales ».  « Ca y était ! », l’expression ‘inégalités sociales’ était institutionnalisée en France, en procéderait nommément un fromage.

Et quel fromage ! Le Conseil est composé d’un comité d’orientation, nommé pour quatre ans et d’une équipe permanente de chercheurs.  Il a remplacé le Conseil supérieur de l’emploi, des revenus et des coûts (CSERC).

Son Président actuel est à la hauteur de la fonction qu’on imagine que le Président d’un tel organisme doive jouer : il s’agit de Jacques Delors, le glorieux ministre de l’économie et des finances du gouvernement Maurois, l’homme des nationalisations d’entreprises, des premiers déficits budgétaires considérables de l’Etat de France, de l’inflation « à deux chiffres » et des dévaluations successives du franc ; puis le Président de la Commission de Bruxelles…

Si on en croît le journal Les Echos du 17/11/06, dans son dernier rapport, « le CERC dissèque le hiatus entre perception et réalité »(1).

Je retiendrai seulement, pour ma part, du rapport que le Cerc préconise de renforcer « l’efficacité de l’Etat social » pour répondre aux défis des retraites et de la dette publique.  Il considère qu’il a la capacité d’y procéder sans remettre en cause les « orientations originelles » du modèle social français.

A ce propos, le rapport distingue deux défis importants pour l' »Etat social », qu’il voit comme dépositaire des missions de « protection sociale, éducation et formation, promotion et soutien de l’emploi ».
Il estime qu’il y a des moyens de relever ces défis – « assurer un équilibre à moyen et long terme entre actifs et inactifs » et assainir « les finances publiques pour réduire sensiblement la dette » –  » sans remettre en cause le modèle social français dans ses orientations originelles ».
Mais il ajoute que, pour remporter ces défis, il faut corriger « les modes de gouvernance » de l’Etat social  » de façon à ce qu’ils témoignent d’une plus grande efficacité. 

Et le CERC de proposer trois remèdes:
– lutter contre « la grande volatilité des règles et l’empilement des dispositifs » ;
– renforcer « l’évaluation des politiques et de leur mise en oeuvre » ;
– simplifier la « gouvernance de l’Etat social ».
 

En vérité, l’esprit de ce rapport nous renvoie purement et simplement en 1946, à l’époque du coup d’Etat de l’organisation de la sécurité sociale obligatoire (OSSO) qui, déjà à l’époque, devait être la garantie pour assurer un équilibre à moyen et long terme entre actifs et inactifs !
Seule nouveauté apparente, l’expression « modes de gouvernance de l’Etat social ».

L’anglicisme « gouvernance » n’existait pas à l’époque.  Il crée aujourd’hui l’illusion que les auteurs du rapport ont changé car ils ne font pas référence à l’idée du monopole de l’Etat sur les activités que les hommes de celui-ci désirent posséder et planifier.  Le mot « plan » n’a plus bonne presse désormais, il est banni.  On lui a donc substitué le mot « gouvernance » !

L’expression « Etat social » mérite, quant à elle, une attention méticuleuse.  Elle entrouvre la porte à une fusion – ou à un débat sur une fusion – des deux têtes du bicéphalisme institutionnel français ignoré ou passé sous silence, à savoir d’un côté l’Etat et, de l’autre, l’OSSO, les prérogatives de celle-ci étant apparemment élargies à l’assurance-chômage (2), à l’éducation et la formation, à la promotion et au soutien de l’emploi.

Mais, au total, le CERC se rappelle à nous pour tenter de nous faire croire ce qu’on racontait à nos parents, il y a soixante ans.
 

(1) Selon Le Figaro du 18 novembre, le Premier Ministre en exercice, Dominique de Villepin, avait chargé Jacques Delors de lui remettre un rapport sur « la France en transition 1993-2005 » pour préparer la conférence sur les revenus du 14 décembre prochain.  Le rapport du CERC est le résultat de la commande…
(2) La protection sociale est une extension conceptuelle de la sécurité sociale.   La protection sociale contient la sécurité sociale, mais la sécurité sociale ne contient pas la protection sociale.
De façon institutionnelle, la protection sociale est l’assemblage de l’OSSO à d’autres instances, et, en particulier, l’assurance-chômage obligatoire gérée par l’UNEDIC et ses ASSEDIC.

 

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Vous n’êtes plus chez vous

On le savait, en France les droits de propriété n’existent pas. Nouvelle illustration avec le ministre de la santé Xavier Bertrand:
xbertrand.png

En France les propriétaires de lieux « publics » n’ont pas le droit d’inviter ou de refuser qui ils le souhaitent, maintenant ils seront aussi non-fumeurs. Le plus stupide de tout cela, c’est que l’article de TF1.fr nous indique que:

47,2% des personnes interrogées se disent « tout à fait favorables » à l’interdiction et 28,9% « plutôt favorables », soit un total de 76,1% d’opinions positives

Dès lors, pourquoi ne pas laisser l’offre de lieux totalement non fumeurs se développer d’elle-même ?

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Le capitalisme aveugle

Que cherchent les patrons de discothèques, les propriétaires de biens immobiliers, et tous ceux que l’on accuse de « discrimination » ? Ni plus ni moins que leur intérêt. Comme le propriétaire de la chaîne de restauration Dockum, qui à la fin des années 50 a mis fin à la ségrégation blancs/noirs dans ses restaurants:

he looked at the store manager, and said, simply, « Serve them. I’m losing too much money. »

Lisez toute l’histoire.

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Liberté d’expression

 La liberté d’expression est une des pierres angulaires du libéralisme. Elle est, du moins dans son principe, une des valeurs les plus profondes de la culture politique occidentale. Menacer de mort une personne qui en a usé constitue une menace pour le principe lui-même et donc pour la civilisation qui se fonde sur lui. C’est ce qui vient de se produire avec Robert Redeker, un professeur de philosophie menacé de mort par les islamistes pour avoir écrit un article corrosif sur l’islam.

Mais avant cette menace extérieure, la liberté d’expression faisait déjà l’objet d’une lente destruction venant de l’intérieur. De la démocratie elle-même. Ou plutôt d’une conception totalitaire de la démocratie, malheureusement la plus courante. Selon cette conception, la démocratie est la valeur absolue. Tout ce qui émane d’un processus démocratique est par définition le Bien à l’instant même où il en émane. Cela conduit bien sûr au relativisme destructeur. Ce qui était juste, bien et vrai peut devenir injuste, mal et faux après le processus de la magie démocratique. Ce qu’on avait le droit de dire un jour peut devenir interdit d’expression le lendemain. Le Parlement, par exemple, vient d’adopter un projet de loi sanctionnant la négation du génocide arménien. N’y a-t-il pas aussi des écologistes qui veulent rendre illégale la négation du « réchauffement planétaire »?

          Le totalitarisme a besoin d’une vérité officielle car il doit par nature tout contrôler pour atteindre ses objectifs et maintenir son pouvoir. Et la démocratie ne se distingue pas du totalitarisme lorsqu’elle interdit la négation de ce que la majorité croit. Ce qu’a écrit Orwell dans 1984 est toujours d’actualité, même dans nos régimes dits démocratiques. Car la démocratie ne se distingue pas du fascisme élitiste lorsqu’elle interdit de nier ce que d’autres jugent immoral de nier. Le pluralisme des idées, la possibilité de mesurer la validité d’une idée à l’aune d’une autre, la concurrence des idées, tout cela préserve à la fois la liberté et les chances d’éliminer les idées fausses. De quelle divine infaillibilité peuvent se prévaloir les hommes de l’État ou la majorité pour définir ce qui est vrai et indiscutable?

Ostracisme et droits de propriété

  La liberté d’expression n’a pas d’autre limite que celle qui protège les droits de propriété individuels. Ainsi vous ne pouvez pas dire ce que vous voulez chez moi précisément parce que vous êtes chez moi. De même, vous ne pouvez pas dire ce que vous vous êtes engagé à ne pas dire, d’où l’existence d’un devoir éventuel de réserve. Publier une opinion avec ses propres moyens ou avec ceux d’une autre personne consentante ne peut violer aucun droit légitime.

          Dans une société libre, on a le droit de tout dire dans la limite des engagements contractuels que l’on a pris et dans la limite des moyens mis en oeuvre: ne pas utiliser la propriété des autres par la force. Mais alors, dira-t-on, les gens passeront leur temps à s’insulter, à nier les chambres à gaz, etc. Il faudrait donc qu’une autorité rétablisse l’ordre. Curieux raisonnement qui conduirait à affirmer que les individus voudraient un ordre moral alors que leurs actions révèleraient le contraire.

Les comportements et les idées fausses, même les insultes, s’éliminent par l’ostracisme et le boycott. Ne plus entrer en relation avec quelqu’un qui nie les chambres à gaz peut lui faire payer cher ses divagations et dissuader d’autres de recommencer. C’est aussi suffisant pour ne plus avoir à souffrir ce que l’on ne veut pas entendre. Une société de liberté n’a pas besoin d’interdiction pour bâillonner les négationnistes, les racistes et les menteurs. Le refus de coopérer avec eux est efficace dans la proportion du degré de tolérance des autres pour leurs idées ou comportements.

Le cas de l’islam

 L’islam n’est pas compatible avec les valeurs occidentales. Le principe de liberté d’expression est en contradiction avec l’islam. La raison tient au fait que cette religion définit le musulman comme un individu qui n’a pas besoin du principe de liberté d’expression puisqu’il l’a abdiquée par sa foi même, et au fait simultané que l’islam est une religion totalitaire, qu’elle contient donc une idéologie politique. De fait, la liberté d’expression n’a jamais existé dans un État islamique.

          Alain Madelin a beau dire qu’il faut distinguer l’islamisme radical et les musulmans modérés, les contradictions évidentes entre l’islam et les principes de liberté chèrement acquis en Occident ne peuvent que tourner à l’avantage de cette idéologie totalitaire si ces principes ne sont pas défendus avec vigueur.

          La liberté d’expression ne se conçoit pas sans des droits de propriété individuels absolus, et c’est bien pour cela qu’elle est un principe inhérent au libéralisme. Ainsi se battre contre le libéralisme, c’est aussi se battre contre les principes qui en découlent, y compris la liberté d’expression. C’est ce que font les communistes et les socialistes de tous horizons en utilisant la loi pour protéger une vérité officielle.

          L’opposition frontale entre l’islam et la liberté d’expression devrait nous donner l’occasion de réfléchir de nouveau à ce qu’est la liberté d’expression, pour comprendre son lien logique avec une définition strictement individuelle des droits de propriété, avec une philosophie politique qui définit l’agression, le vol, le crime, et le délit par la violation des droits de propriété individuels et des engagements contractuels libres. 

Post scriptum :

 La liberté des uns est-elle limitée par celle des autres ? Oui à la seule condition de définir la liberté par l’absence d’agression des droits de propriété. Définition qui est la seule  valide en philosophie politique. Ainsi, la liberté de s’exprimer est limitée par l’interdiction du vol, et par les accords passés avec les autres propriétéaires.  La liberté d’expression n’est en rien limitée objectivement par la façon dont les autres vont accueillir le message. Il y a un abus anti-conceptuel de la notion de liberté lorsqu’on utilise la formule « la liberté des uns est limitée par celle des autres » de façon contradictoire pour empêcher un autre l’usage de son droit légitime. Utilisant alors la notion de liberté dans un sens valide et dans un sens non valide (qui confond la liberté avec l’exigence de respect) on contribue à créer la confusion, ce qui est précisément l’objectif du sophiste. On peut reconnaître ici ceux qui en appellent à cette formule pour justifier une loi qui interdirait de dire que qu’on a le Droit de dire.

 La liberté d’expression est un Droit qui se déduit d’un Droit de propriété individuel : la propriété de son corps ( « Qui est le propriétaire de mon corps ? » ). Ce Droit est absolu au sens où il ne dépend d’aucun autre et il ne se divise pas. Il est. Les Droits de propriété sont. L’ensemble des droits de propriété forme un système de droits nécessairement harmonieux et non contradictoire. De ce système de droits de propriété en mouvement permanent découle ce que chacun peut ou ne peut pas faire et, que cela plaise ou non, la façon dont nos actes sont perçus ne doit se traduire autrement que par des actes compatibles avec le système de droits de propriété.
 

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En défense du droit naturel

Dans le débat entre jusnaturalistes et minarchistes, je voudrais citer une attaque de Drieu Godefridi contre le statut du droit naturel et y répondre.

Rappelons que les jusnaturalistes pensent qu’il existe une théorie du droit universelle (applicable à chaque membre de toute société humaine, indépendamment du temps et du lieu) qui fournit un critère exhaustif de distinction entre l’acte juste et l’acte injuste, et compatible bien sûr avec la survie de l’humanité. Ce critère appelé « Droit naturel » est pour eux rationnellement démontrable et unique, c’est-à-dire que toute tentative de définir un autre critère serait inconsistante. Ce critère peut s’exprimer ainsi (« juste » signifiant « conforme au droit naturel »): Est juste (et n’est juste que) l’acte qui implique uniquement des moyens que l’acteur n’a pas volés.

Il faut préciser d’emblée que le texte de Drieu est ambigu en ce qu’il ne distingue pas – ou ne semble pas distinguer- l’éthique et la politique. Or par définition, c’est au domaine de la politique et à lui seul que se rattache le droit (autrement dit, la justice), et donc s’il existe, le droit naturel. Il est vrai malheureusement que les auteurs partisans du droit naturel manquent parfois de clarté sur ce point.

En effet, une théorie du droit doit fournir un critère de distinction entre les actes justes et les actes injustes (conforme ou non au droit), mais son objet n’est pas d’indiquer un choix entre les actes justes eux-mêmes, infiniment nombreux à tout instant. Ce serait le rôle de l’éthique de le faire. Métaphoriquement, la théorie du droit (la politique) indique les « règles du jeu » ; elle n’indique pas les « stratégies ».

Toute théorie du droit doit donc être éthiquement neutre, comme le sont dans leurs domaines respectifs, les mathématiques ou la théorie économique correctement formulée.

Qui dit éthiquement neutre dit exempt de jugement de valeurs. Toute théorie du droit qui introduirait des jugements de valeurs serait donc à rejeter d’emblée au mieux comme discours éthique, au pire comme verbiage sophistique destiné à brouiller les esprits.

Ainsi, puisque Drieu aborde dans son essai la question du droit naturel, il nous faut supposer obligatoirement qu’en employant le mot éthique ou tout autre concept s’y référant, il voulait en réalité parler de politique, c’est-à-dire de normes de droit exemptes de jugement de valeur (sinon son essai devrait être qualifié de hors sujet).

C’est à la lumière de ces considérations que nous allons maintenant mettre en évidence les failles figurant dans ses arguments contre le droit naturel.

1/ Dans sa critique de la conception du droit naturel selon Murray Rothbard, Drieu avance que « Faits et valeurs appartiennent à des registres logiques différents. De ce qui est, on ne peut jamais conclure à ce qui doit être ».

La théorie du droit naturel, cependant, ne s’occupe pas des valeurs, qui relèvent de l’éthique, et par conséquent cette approche est hors sujet.

Que cela ne nous empêche pas de souligner, entre parenthèses, que cette proposition est fausse : si on ne peut déduire ce qui doit être à partir de ce qui est, de quoi d’autre pourrait-on le déduire ? Toute déduction –en tant que déduction-, pour être indubitablement vraie et donc décrire la réalité –par définition du vrai- doit être déduite d’une prémisse elle-même vraie. Et une prémisse vraie est une prémisse qui décrit la réalité, qui donc relève d’un fait –un fait de la réalité, justement. Si donc « ce qui doit être » est valablement déduit de quelque chose, c’est forcément d’un fait –énoncé sous forme d’une proposition vraie. Ou alors, c’est que « ce qui doit être » ne peut jamais être déduit de rien, et donc ne peut jamais être connu, ce qui est une façon de dire qu’il n’existe ni valeurs, ni discussions sur les valeurs.

2/ Dans le paragraphe suivant consacré à Hans Hermann Hoppe, Drieu prétend que celui-ci échoue dans son argument fondé sur l’a priori de l’argumentation à démontrer la validité du droit naturel, parce que

« (…) nombre d’éthiques universelles peuvent être élaborées — et l’ont d’ailleurs été —, qui ne mèneraient nullement l’humanité à sa perte. »

Ici encore nous sommes confrontés à l’obligation de remplacer « éthiques » par « politiques » ou « théories du droit », sauf à rejeter l’affirmation comme hors sujet. Sa phrase ainsi reformulée serait donc :

« Nombre de théories du droit universelles peuvent être élaborées — et l’ont d’ailleurs été —, qui ne mèneraient nullement l’humanité à sa perte. »

Nous aimerions bien savoir lesquelles, et dans l’expectative, nous en sommes réduits à étudier le seul cas (fictif de surcroît) que nous soumet Drieu, et que j’appelle dans la suite la « théorie du 85-15 » :

« Par exemple, une éthique qui disposerait que chacun est propriétaire de soi et d’une partie de ce qu’il produit, mettons 85%, le reste allant à la communauté ».

A première vue, voilà effectivement quelque chose qui ressemble à une théorie du droit universelle, rivale donc de la théorie authentique du droit naturel. Mais un examen minutieux nous révèle qu’il n’en est rien. Il n’est pas inutile de s’appesantir dessus pour montrer le nombre d’obstacles qui surgissent lorsqu’on essaye de formuler ainsi, ex-nihilo, une théorie du droit.

Tout d’abord, on ne peut pas « mesurer » la production, chose pourtant nécessaire pour la partager en deux parties de 85% et 15%. Que veut dire « redistribuer 15% » d’une automobile, ou d’une consultation d’avocat ? Que signifie « redistribuer 15% » de la production d’un commerçant, qui consiste à déplacer un objet d’un lieu vers un autre ? Malgré toute la bonne volonté du monde, il n’y a pas de réponse à ces questions et la théorie du 85-15 s’écroule immédiatement sans autre forme de procès. Il suffit de considérer la nature de la production, qui est production d’information, pour comprendre d’emblée l’échec de toute tentative objective de redistribution –même volontaire- fondée sur des critères quantitatifs : couper en deux une information ne fait pas deux informations plus petites. Cela peut faire n’importe quoi, et en général rien du tout : l’information est purement et simplement détruite. Le problème ne se pose pas pour la théorie (authentique) du droit naturel, qui ne nécessite aucune hypothèse sur la nature de la valeur.

Bien que la théorie du 85-15 soit à ce stade réduite à néant, la psychologie nous enseigne qu’il peut être utile d’exhiber plusieurs preuves pour emporter l’adhésion, même si en toute logique une seule devrait suffire.

On peut donc tenter de contourner le problème en modifiant les termes de l’énoncé, par exemple en remplaçant « production » par « revenu tiré de la production ». C’est assez différent, dans le principe puisque le prix n’est pas la valeur, et dans l’assiette parce que la production non échangée n’apparaît plus dans le calcul. Mais d’autres problèmes surgissent. Il faut par exemple que le revenu en question soit monétaire, pour qu’il puisse être chiffré. Par conséquent, cette théorie du droit ne serait applicable qu’aux sociétés où existent des monnaies d’échange. Elle ne dit rien des autres types d’organisation. Elle n’est donc pas universelle.

Ensuite, à quel moment devrait-on donner 15% de ses revenus à la communauté ? Immédiatement après la production, même si celle-ci ne constitue qu’une étape en vue d’une production ultérieure ? Au bout d’un mois, au bout d’un an ? Et quel que soit le bien produit (quid du beurre qui se périme en cinq jours) ? La théorie ne contient pas les réponses à ces questions et est donc incomplète à cet égard aussi, même si on remplace « production » par « revenu ». C’est là le problème insoluble de toutes les théories du droit formulées en termes d’obligation d’agir: il faut bien que l’acte obligé ait lieu dans le temps, et il n’est pas possible rationnellement de décider quand. Donc à un instant donné, personne, même avec de la bonne volonté, ne peut savoir ce qu’il doit faire pour respecter le droit, ce qui prouve l’échec complet de la théorie. Rien de tel avec la théorie authentique du droit naturel, qui interdit de réaliser certains actes, car cet interdit s’applique en tout temps.

De plus, la théorie du 85-15 est complètement muette sur ce qu’est « la communauté ». Est-ce la famille du producteur, le village, le groupe de villages ? Est-ce sa famille intellectuelle (les libéraux par exemple) ? Sont-ce les gens de même sexe que lui, ou d’une même ethnie ? Sont-ce les gens qui portent des lunettes ? Qui aiment le boudin aux pommes ? Qui sont de sa catégorie socioprofessionnelle ? Il n’existe aucun moyen pour le donneur des 15% de déterminer le périmètre de la « communauté ». Ou bien alors la communauté serait le monde entier, et alors l’acte ne pourrait être juste que si l’intégralité de la communauté avait bien reçu son dû, ce qui serait évidemment hautement improbable, de sorte qu’il serait en réalité impossible ou au moins utopique de vivre selon la justice. Et cela, je le répète, même avec une volonté unanime d’appliquer le droit. Rien de tel avec la théorie authentique du droit naturel, laquelle n’implique aucune obligation mais seulement une interdiction à l’égard des autres (l’interdiction de les agresser).

Ce n’est pas tout : comment doivent être répartis les 15% au sein de la « communauté » ? Voilà ce que ne dit pas la théorie et qui est pourtant crucial, car le donneur ne sait pas ce qu’il doit faire pour respecter le droit.

Et même s’il le savait, il est impensable que le donneur puisse lui-même faire la répartition, car pour peu que la communauté soit assez importante, il y passerait tout son temps, et il n’y aurait bientôt plus aucun « revenu » disponible. Il faudrait donc qu’un ou des organismes spécialisés s’en chargent. Mais alors le caractère juste de l’acte serait conditionné par l’efficacité et l’honnêteté des organismes en question, et il ne serait en pratique jamais possible d’avoir la moindre certitude sur la nature juste ou injuste de son acte de don.

Il y aurait donc des cas où un tel organisme serait nécessaire pour la distribution des 15%, et cela afin que l’acte juste soit seulement possible. Mais que se passerait-il donc si personne ne souhaitait s’occuper de la gestion d’un tel organisme ? Il faudrait pourtant que justice soit faite : aurait-on le droit de forcer des gens à s’en occuper ? Ce serait contraire à la propriété de soi, ce qui prouve l’inconsistance de la théorie du 85-15.

Par-dessus le marché, ces organismes devraient être rémunérés, et compte tenu de la complexité de leur tâche, on ne peut écarter la possibilité que les coûts soient tels qu’ils appauvrissent considérablement les producteurs. Il se peut même que, dans une société donnée, il soit matériellement impossible de subsister après retrait des 15% et des honoraires de ces organismes. La théorie du droit en question pourrait donc entrer en contradiction avec la survie de la société humaine, même si chacun y mettait le maximum de sa bonne volonté, ce qui est évidemment une preuve de sa fausseté, comme c’est le cas de toutes les théories du droit qui introduisent des chiffres sans considération pour le contexte. Rien de tel pour la théorie authentique du droit qui n’introduit aucun chiffre. Enfin, si quelqu’un ne respectait pas le droit, s’il trichait et ne donnait par exemple que 10% voire rien à la « communauté », quel moyen y aurait-il pour cette communauté lésée de rétablir la justice ? La vérité est que ce serait impossible, parce que personne ne pourrait évaluer les revenus des autres autrement que par ce qu’ils veulent bien en dire. Et donc personne ne pourrait même savoir s’il a été lésé, et par qui.

On pourrait étaler ainsi à l’infini les questions insolubles auxquelles la théorie du 85-15 devrait néanmoins répondre pour être valable. En résumé, la théorie du droit citée en exemple par Drieu ne dit ni ce qu’il est juste de faire, ni quand, ni envers qui. Elle ne s’applique qu’à certains types d’organisations sociales et exige que des conditions extrêmement improbables soient réunies pour juger du caractère juste ou non d’un acte. Et on peut imaginer des cas où il n’y aurait aucun moyen imaginable de survivre en restant dans son cadre, même avec toute la bonne volonté de chacun. Enfin, les victimes de violations du droit ne pourraient jamais savoir qu’elles le sont, ni découvrir qui les lèse. Elle n’est pas universelle et ne fournit aucun critère systématique de distinction du juste et de l’injuste. Autant dire que ce n’est pas une théorie du droit du tout.

Finalement, même si cette objection n’est pas logiquement pertinente et relève plutôt de la psychologie, il n’y a absolument aucune chance de persuader quiconque que cette théorie du droit-là devrait être choisie entre toutes ses rivales possibles (qui sont par exemple, les répartitions 86%-14%, 87-13, 88-12, 79-21, etc.).

En revanche, la théorie authentique du droit naturel a de nombreux partisans, qui pour beaucoup ne se connaissent même pas et n’ont pas d’organisation centralisée, ce qui incite fortement à penser qu’elle ne doit pas être si arbitraire qu’on le dit.

Je passe sur les affirmations concernant les supposées contributions de Nietzsche à la constitution d’une théorie du droit rivale du droit naturel. Ces affirmations étant jusqu’à preuve du contraire purement arbitraires.

Sur la démonstration du droit naturel à partir de l’a priori de l’argumentation, il se trouve qu’elle est valable pour la raison suivante : que toute personne qui argumente contre le droit naturel se trouve dans une contradiction performative, parce que le fait d’argumenter implique une norme implicite de droit dont on peut dérouler les conséquences jusqu’à conclure qu’il s’agit en fait justement du droit naturel.

Ce n’est donc pas tant, comme le dit Drieu, que « Pour résumer : l’éthique suppose l’argumentation » (ce que je traduis toujours par « Pour résumer : la norme de droit suppose l’argumentation »). Peu importe. L’essentiel est que la réciproque est vraie: c’est l’argumentation qui suppose la norme de droit. En conséquence, Drieu, ayant argumenté au moins une fois dans sa vie, se trouve définitivement pris dans une contradiction performative chaque fois qu’il ouvre la bouche pour attaquer le droit naturel.

Puis vient l’argument suivant :

« Deux, l’argumentation suppose sans doute le contrôle d’une partie de mon corps et de l’espace où je me trouve, mais le contrôle n’est pas l’appropriation. Serai-je considéré comme le « légitime propriétaire » de tous les espaces où je me serai aventuré à causer avec autrui ? »

Il n’y a pourtant là aucune difficulté: le contrôle est appropriation dès lors qu’il n’y a pas eu d’appropriation préalable. C’est le fondement même de la propriété légitime.

Et pour finir :

« Trois, même si l’argumentation supposait la pleine propriété de mon corps et de l’espace que j’occupe, cela n’impliquerait pas l’appropriation des ressources sans maître que je trouve et transforme ».

Si, cela l’implique, à condition de ne pas passer sous silence les étapes intermédiaires du raisonnement, à savoir que le fait d’admettre le critère de la propriété légitime dans certains cas implique nécessairement la généralisation à tous les cas possibles, car le nier reviendrait à accepter la possibilité d’une autre norme d’appropriation légitime, laquelle serait nécessairement en contradiction avec la première dont on a montré qu’elle devait pourtant s’appliquer dans certains cas au moins. Ce qui suffit à prouver son caractère universel. Tout cela est très bien expliqué par Hoppe.

3/ A propos de la présentation du droit naturel que fait Barnett, Drieu nous dit qu’elle n’a « qu’un lointain rapport avec les canons du iusnaturalisme classique et moderne ». Nous n’en parlerons donc pas ici.

La conclusion de tout cela est simple : s’il est si facile de proposer un critère de justice rival du droit naturel, alors pourquoi se priver ? Après tout, il suffirait d’en exposer un seul pour que les jusnaturalistes aient définitivement tort. Comme par hasard, les tentatives de ce genre ont toutes échoué jusqu’à présent.

Shortlink

Un conseil : pas de Conseil de diffusion de la culture économique (Codice)

Je tire de minefi.gouv.fr le texte ci-dessous signé « Conseil pour la diffusion de la culture économique – Conférence de presse – 4 septembre 2006 – », jour de l’installation du « fromage » :

« Les Français et l’économie.
Perception, connaissances et attrait.
Les indications sur le niveau de connaissance des Français en matière économique en 2006 sont issues de trois enquêtes commanditées par le ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie:
1. étude auprès des jeunes (18-25 ans) réalisée par BVA sur l’économie (mars 2006),
2. étude grand public, Sofres sur l’économie (février 2006),
3. étude grand public, Sofres sur la dette et le déficit public (mars 2006)

De ces différentes enquêtes il ressort :
Une connaissance limitée aux indicateurs économiques liés à la vie quotidienne et plus faible encore sur les notions macro-économiques.

Une connaissance surévaluée du taux de chômage !
4 personnes sur 10 donnent une réponse juste sur le taux de chômage en France aujourd’hui (43% citent 9 ou 10% de la population active).
33% surévaluent ce taux et, parmi elles,
22% estiment qu’il est à plus de 15% de la population
active.
Les jeunes sont plus nombreux encore à le surévaluer. 40% donnent un montant supérieur à 10%.

Le taux de croissance est connu d’un tiers des Français.
33% des Français répondent correctement sur le taux de croissance en France actuellement « entre 1% et 2% ».
15% s’approchent du taux exact en répondant « entre 2 et 3 % » (chiffre également annoncé et médiatisé en début d’année).
35% sont incapables de répondre à cette question.
Les moins de 25 ans évaluent plus difficilement cet indicateur.
22% connaissent le niveau du taux de croissance.
Un peu moins d’un tiers des jeunes ne savent répondent à cette question.[…] »

J’arrête là – épuisé par la lecture – la reproduction du texte.
Je ne saurais trop me porter en faux contre des éléments de cet extrait qui font miroiter le futur conditionnement que le « char d’assaut » du Codice va tenter d’infliger.

D’une part, parler d' »une connaissance surévaluée du taux de chômage » est vide de sens.
1) De quel taux de chômage est-il question ? A coup sûr, de celui que les autorités annoncent et à quoi ils veulent faire croire, bref du taux officiel. Il conviendrait de sortir de la population active les fonctionnaires qui ne sauraient être mis au chômage ! 4 personnes sur 10 ne donnent donc pas une « réponse juste », mais répète le sophisme « officiel ». Et cela ne saurait être un signe de la culture économique.

2) Une connaissance ne saurait être surévaluée ! Avant de vouloir diffuser quoi que ce soit, il s’agirait de maîtriser la définition des mots.
Tout cela augure bien mal de l’avenir.

D’autre part, parler d’un « taux de croissance en France » est tout autant sans signification pour ne pas souligner l’inanité de l’expression « un niveau du taux de croissance ». A quand le taux du niveau du taux … du niveau du taux de croissance !
Dans ces conditions, que « 35 % soient incapables de répondre à cette question » est, au contraire, bien encourageant et tant mieux qu' »un peu moins d’un tiers des jeunes ne [sachent] pas répondre » – ce n’est quand même pas assez –

Comme on pouvait le lire sur le site http://www.lewrockwell.com/paul/paul311.html en mars 2006, sous la plume de Dr. Ron Paul, a Republican member of Congress from Texas, le problème de la culture économique n’est pas dans ce que va vouloir faire croire le Codice, mais gît dans le fait incontournable que :

« […] Year after year our […] government spends beyond its revenues, prints new money to pay its debts, and borrows hundreds of billions abroad in the form of Treasury obligations that someday must be paid. With too many [euros] and debt instruments in circulation, and no political will in [Paris] to cut spending, we’ve created a monster.
Our perceived prosperity depends on keeping the great debt and credit engine pumping, but the only way to attract new lenders to fuel the engine is higher interest rates. At some point one of two things must happen: either the party in [Paris] ends, or the [strength of the euro] as [a] world’s reserve currency ends. It’s a sobering thought, but a choice must be made.

How did this happen?

How did we get to such a state?

The answer is found in the nature of politics itself.
The truth is that many politicians and voters essentially believe in a free lunch. They believe in a free lunch because they don’t understand basic economics, and therefore assume government can spend us into prosperity. This is the fallacy that pervades [French] politics today.

I believe one of the greatest threats facing this nation is the willful economic ignorance of the political class. Many of our elected officials at every level have no understanding of economics whatsoever, yet they wield tremendous power over our economy through taxes, regulations, and countless other costs associated with government. They spend your money with little or no thought given to the economic consequences of their actions. It is indeed a tribute to the [French] entrepreneurial spirit that we have enjoyed such prosperity over the decades; clearly it is in spite of government policies rather than because of them.

I certainly have seen firsthand a great deal of economic ignorance in [le gouvernement ou le Parlement] over the years. Few members pay any attention whatsoever to the [Banque centrale européenne], despite the tremendous impact [BCE] policy has on their constituents. Even many members of the banking and finance committees have little or no knowledge of monetary policy. Perhaps this is why so many in [le gouvernement ou le Parlement] seem to believe we can all become rich by printing new [euros], or that we can make 2 + 2 = 5 by taking money from some people and giving it to others.

We cannot suspend the laws of economics or the principles of human action any more than we can suspend the laws of physics. Yet this is precisely what [le gouvernement ou le Parlement] attempts to do time and time again, no matter how many times history proves them wrong or economists easily demonstrate the harms caused by a certain policy.

I strongly recommend that every [French] acquire some basic knowledge of economics, monetary policy, and the intersection of politics with the economy.
No formal classroom is required; a desire to read and learn will suffice.
There are countless important books to consider, but the following are an excellent starting point:
La loi de Frédéric Bastiat;
Economics in One Lesson (en français, Economie politique en une seule leçon) by Henry Hazlitt traduit en français aux Editions de l’Institut Charles Coquelin ;
What has Government Done to our Money? by Murray Rothbard;
The Road to Serfdom by Friedrich Hayek traduit en français aux PUF (coll. quadrige) ; and
Economics for Real People by Gene Callahan.

If you simply read and comprehend these relatively short texts, you will know far more than most educated people about economics and government.
You certainly will develop a far greater understanding of how supposedly benevolent government policies destroy prosperity. If you care about the future of this country, arm yourself with knowledge and fight back against economic ignorance. We disregard economics and history at our own peril. »

Vous aurez remarqué que j’ai transposé, directement et sans difficulté, à ce qui se passe en France le texte de Ron Paul – en le caviardant à certains endroits –.
Cela suffit à faire apparaître qu’il existe des lois économiques générales qui s’imposent dès lors qu’on vit en société.

C’est la connaissance de ces lois générales qu’il faut avoir. C’est cela la culture économique. A chacun de lire les livres cités pour l’avoir. Pas besoin d’un Codice.